Cultivons notre vie !

Ces  25 fiches de culture générale portent sur autant de thèmes sociaux ou culturels. Elles ont été rédigées entre 2006 et 2008; leur cadre de référence implicite est la France du début du XXIème siècle.

Amusez-vous bien !

(lorsque j'aurai plus de temps,  je publierai une bibliographie générale et sélective !)

Emmanuel Proust

à propos de l'auteur:

- formation initiale à l'institut régional d'administration de Lyon, 38e promotion: Simone Veil, Années 2008/2009.

- actuellement responsable de la commande publique à l'université Paris 1 Panthéon - Sorbonne.


Jeudi 10 juillet 2008 4 10 /07 /Juil /2008 23:15

L'EMPLOI

 

 

DEFINITIONS

 

- Le mot emploi a trois sens différents :

1. Dans le sens courant et micro-économique, l'emploi désigne à la fois l'exercice d'une activité économique et le poste de travail.

2. Dans le sens courant et macro-économique, l'emploi est un élément de la conjoncture économique. De ce point de vue, le volume de l'emploi s'appréhende par les statistiques des effectifs occupés et la durée réelle du travail. Si toute la population en âge de travailler exerce un emploi avec une durée de travail conforme à leur désir, tout en respectant la durée maximum légale, le plein emploi existe.

3. Dans le sens comptable, l'emploi est une utilisation des ressources que sont les biens et services.

NOTIONS VOISINES OU CONTRAIRES.

- POPULATION ACTIVE : population de plus de 16 ans ayant un emploi ou à la recherche d'un emploi.

- CHOMAGE : (Définition du Bureau International du Travail) : inactivité forcée de la main d'oeuvre d'une population sans emploi, effectivement à la recherche d'un emploi et disponible.

- Il faut donc distinguer le chômage involontaire du chômage volontaire.

 

ORGANISMES :

- ASSEDIC - UNEDIC

- ANPE

- Ministère de l'emploi

- Organisation internationale du travail (OIT)

 

QUELQUES CHIFFRES.

- La population active, en France, est de 25,6 millions. La part de la population active par rapport à la population totale est de 43 %.

- 86 % des actifs sont salariés.

- 31 % de la population active est constituée de fonctionnaires.

- Femmes : 10,7 millions de femmes travaillent (47,6 % de la population active) contre 13,7 millions d'hommes.

- chômage : contenu à grand peine depuis 1986, le chômage a repris à partir de mai, puis de juin 1991 pour aboutir en décembre 1991 à 2,8 millions de personnes en situation de chômage. 12,5 % en 1997 - Baisse en 1998.

- 1992 : 2.880.000 chômeurs,

- 1995 : 3.300.000.

- 1997 : 2.997.000.

Les inégalités devant le chômage :

- en fonction du sexe : les femmes sont plus "touchées" que les hommes (femmes : 14,4 % contre hommes : 10,7 %)

- en fonction de l'âge : les jeunes sont beaucoup plus "touchés" que les autres (1996). Taux de chômage des :

. 15-24 ans : 24,3 %

. 25-49 ans : 11, 4 %

. plus de 50 ans : 9,1 %

- en fonction du diplôme ou de la catégorie socio-professionnelle (1997) :

6,4 % des cadres et professions intermédiaires sont au chômage,

15 % des ouvriers

NB : les chiffres reflètent une "tertiarisation" du marché du travail.

 

EVOLUTION DU MARCHE DE L'EMPLOI

1.- Effondrement du secteur primaire (4,8 % des actifs), stagnation puis baisse de la part du secteur secondaire (25,4%), essor du secteur tertiaire (69,8 %).

2.- L'inadéquation entre les besoins du marché de l'emploi et la formation entraîne une pénurie de main d'oeuvre qualifiée dans certains secteurs.

3.- L'inadaptation des niveaux de diplômes avec les qualifications réclamées est endémique ; mais, par ailleurs, chaque année, 120.000 jeunes des 800.000 qui arrivent sur le marché du travail n'ont pas de qualification.

4.- Progrès technique et emploi : théorie de la compensation d'Alfred Sauvy : Si le progrès technique peut être à l'origine de mutations dans les emplois, il entraîne indirectement des créations d'emplois qui compensent les pertes initiales.

5.- Difficultés financières pour le régime d'assurance-chômage. Le déficit de l'UNEDIC passe de 6 à 8 milliards de francs pour l'exercice 1991 et est évalué à 18 milliards en valeur cumulée, pour 1992.

6.- Segmentation du marché du travail : il existe un marché primaire (main d'oeuvre qualifiée, stable, protégée) avec des perspectives de carrière, et un marché secondaire avec des caractéristiques opposées.

7.- L'emploi n'est plus nécessairement synonyme d'un niveau de vie "acceptable" : Emergence des "workings poors" (15 % des salariés en France () - L'emploi n'est plus automatiquement un moyen d'intégration - Fracture sociale.

8.- La principale caractéristique du travail, aujourd'hui, est la PRECARITE.

- Alternance emploi/ chômage, mais le chômage doit être envisagé comme un temps (fini) de l'existence de chaque individu et être géré comme tel. Dans ce contexte, le seul vrai problème est le chômage de longue durée (39,1 % des chômeurs le sont depuis plus d'un an, et 21,8 %, depuis plus de 2 ans) et ce d'autant plus qu'il touche des catégories plus défavorisées.

- Au sein même de l'emploi, développement de la précarité :

. Dans le temps : 1) à court terme, "flexibilité" et annualisation - pas d'horaires fixes. De plus, développement du travail à temps partiel (souvent subi). 2) à long terme, plusieurs emplois dans une vie - Il faut envisager une reconversion. Une formation professionnelle continue est donc indispensable.

. Dans l'espace : la mobilité est nécessaire pour obtenir / conserver un emploi.

9.- Répercussions sur la société :

- L'émergence des "working poors", mais surtout la réduction du temps de travail remettent en cause l'emploi comme principale - sinon unique - valeur structurante des sociétés modernes - Extension continue des loisirs et temps "libéré pour un investissement personnel - XXIème siècle = société de divertissement (le divertissement étant entendu comme moyen de cacher les vrais problèmes).

- Exacerbation des oppositions et clivages existants - Et ce, d'autant plus que certains proposent comme solution au chômage la mise en place d'une politique de "préférence nationale".

- Solution de M. FRIEDMAN (impôt négatif) visant à garantir à tous - qu'ils travaillent ou pas - un revenu minimum - Remet en cause l'un des fondements principaux de nos sociétés occidentales qui lie la rémunération au travail.

 

LES POLITIQUES DE L'EMPLOI.

- Politique de l'emploi : politique du plein emploi et du meilleur emploi. Elle doit prendre en compte les contraintes structurelles : c'est à cela que répondent les politiques d'éducation (formation professionnelle et formation permanente instituées en 1972) ; les politiques d'aménagement du territoire, les politiques industrielles, les politiques sociales d'aide aux victimes du chômage.

- La politique de l'emploi peut aller jusqu'à des politiques commerciales (mesures en faveur de l'exportation, mesures protectionnistes...).

* Dans le cadre de la lutte contre le chômage, on distingue le traitement social et le traitement économique :

1. le traitement social () : relèvement des allocations chômage ; contrats emploi-solidarité (CES) pour les jeunes ; stages d'initiation à la vie professionnelle (SIVP) ; stages d'insertion et de formation à l'emploi (SIFE) ; baisse de la durée de travail et baisse de l'âge de la retraite. Son but est d'éviter l'exclusion dans des sociétés où le travail reste le référent social principal.

2. traitements économiques :

- Politique libérale : toute la pensée libérale repose sur une hypothèse implicite de plein emploi. Le chômage est une conséquence naturelle et temporaire du jeu de marché. Ce déséquilibre se corrige de lui-même par les mécanismes automatiques du marché. Il faut donc mettre en place les conditions d'un marché concurrentiel et améliorer l'efficacité du travail.

- Politique keynésienne : politique active de l'Etat avec une relance de la consommation et le soutien des investissements.

* Certains préconisent une troisième voie : la réduction du temps de travail et donc le partage du travail (ce qui est différent de l'optique libérale selon laquelle la solution résiderait dans le partage des salaires). La relance économique n'est plus perçue comme un moyen de création d'emplois.

 

BIBLIOGRAPHIE

- D. GAMBIER et M. VERNIERES - Le marché du travail (Economica 1982).

- FRIEDMANN - Traité de sociologie du travail .

- Y. BAROU et RIGAUDIAT - Les 35 Heures et l'emploi - Coll. "Pluralisme" - La Documentation française - 1983.

- Chômage et politiques - Les cahiers français - N° 195.

- D.KIRCHNER & C.LAURENT - La durée du travail.

- La politique sociale : J. GUEGEN-BARTE et M. BARTE - HATIER.

- John Maynard KEYNES - Théorie générale de l'emploi, de l'intérêt et de la monnaie - PARIS PAYOT 1985 (réédition).

- Guy ROUSTANG - L'emploi : un choix de société - PARIS 1987

- Alfred SAUVY - La machine et le chômage : le progrès technique et l'emploi - PARIS DUNOD 1980

- Michel ALBERT - Le pari français - Editions du seuil 1985.

- R. CASTEL - Métamorphose de la question sociale : une chronique du salariat - FAYARD - Paris 1995.

- J. BIDET et J. TEXIER (sous la direction de) : La crise du travail - PUF - Paris 1995.

- M. MARVANI - Socilogie de l'emploi - La découverte - Repères - Paris 1993.

- J. RIFKIN - La fin du travail ? - La découverte - Repères - Paris 1993.

 

 

Par Emmanuel Proust - Publié dans : emploi
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