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10 juillet 2008 4 10 /07 /juillet /2008 23:36

CINEMA

 

 

"Cinéma" est l'abréviation apparue en 1900 de"Cinématographe" (1892), du grec "Kinêma" (mouvement) et "Graphein" (écrire).

 

Définitions :

 

  • Procédé permettant d'enregistrer photographiquement et de projeter des vues animées, inventé par les Frères LUMIERE.
  • Art de composer ou de réaliser des films cinématographiques ; par extension : "Industrie du spectacle cinématographique" et salle de spectacle où sont projetés des films cinématographiques.
  • "Septième art" : invention du terme en 1911 par le critique et théoricien italien du cinéma Roberto CANUDO.

 

Citations :

 

J. COCTEAU : "Le cinématographe est un art. Il se délivrera de l'esclavage industriel".

G. APPOLINAIRE : "Le cinéma est créateur d'une vie surréelle".

R . CANUDO :"Au cinéma, l'art consiste à susciter des émotions, non à relater des faits" .

André BAZIN : "Le cinéma substitue à notre regard un monde plus conforme à nos désirs" .

Sergio AMIDEI : "Notre cinéma est fait de mots et d'écrits".

P. et V. TAVIANI : "Lorsque nous faisons un film, nous ne réussissons à le penser, puis à l'écrire en scénario que s'il a déjà sa structure musicale".

Alexandre ASTRUC : "Ecrire pour le cinéma, c'est écrire avec le vocabulaire le plus riche qu'aucun artiste ait eu jusqu'ici à sa disposition, c'est écrire avec la pâte du monde».

Marcel PAGNOL : "Le film parlant peut servir tous les arts et toutes les sciences, mais il n'a découvert aucun des buts qu'il nous permet d'atteindre. Ce n'est qu'un admirable moyen d'expression".

(1930). Manifeste de EISENSTEIN, POUDOVKINE et ALEXANDROV : "Le son détruira l'art du montage, moyen fondamental du cinéma... Le son introduira inévitablement un moyen nouveau et entièrement affectif d'exprimer et de résoudre les problèmes complexes auxquels nous nous sommes heurtés jusqu'à présent, et que nous n'avions pu résoudre en raison de l'impossibilité où l'on était de leur trouver une solution à l'aide des seuls éléments visuels».

Fédérico FELLINI, in Faire un film : "Je suis convaincu que le cinéma ne tolère aucun hasard. Sur cette nébuleuse vague et imprécise qu'est le film tel qu'il s'offre à l'imagination, il faut intervenir avec rigueur car le métier de celui qui prétend matérialiser les ombres, les formes, les perspectives, les lumières est tout ensemble fait de rigueur et d'élasticité».

Edgar MORIN : "Le cinéma est une machine vouée non à la fabrication de biens matériels mais à la satisfaction des besoins imaginaires : cette machine a suscité une industrie de rêve».

Samuel FULLER (réalisateur américain) : "Le cinéma, c'est l'émotion".

Max VON SYDOW (réalisateur allemand) : "Donnez-moi une caméra et je posséderai l'homme et ses rêves"

Fritz LANG : "Le cinéma est l'art du peuple".

Andy WARHOL : "Toute image mobile sur un écran est du cinéma"..

 

ELEMENTS HISTORIQUES

 

- Antiquité : la lanterne magique aurait été connue en Egypte sous les Pharaons et en Italie à l'époque romaine.

- Léonard de VINCI (1452-1519) dessine une lanterne de projection.

- 1646 : KIRCHER construit une lanterne magique pratique

- 19e siècle : succession d'inventions annonçant le cinématographe.

(Par exemple : en 1833, le zootrope par Horner, en 1852, le kinétoscope par Von Vchatius, en 1877 le praxinoscope par Reynaud)

 

Les premiers pas

 

- 1889 : Friese GREENE (GB) fabrique la première caméra photographique - Thomas EDISON (1847-1931 - USA) invente le film de 35 mm.

- 1892 : Léon BOULY (F) : brevet du "Cinématographe"

- 1893 : tournage des premiers films (quelques secondes) par la Société EDISON aux USA.

- 1894 : EDISON fait la première projection payante sur Broadway à New-York.

- 1895 : premières projections en France des films des frères LUMIERE dont "l'arroseur arrosé" et "sortie des usines Lumière".

- 1897 : Georges MELIES («le magicien de l'image») tourne ses premiers films à scénario.

- 1898 : C. PATHE fonde la première firme mondiale, crée les premières actualités filmées.

- 1908 : mise au point de la technique du dessin animé par Emile COHL.

- 1919: premier film fait à Hollywood "In old California" de D. GRIFFITH. Il codifie le langage cinématographique : découpage, montage, plans variés, dans deux films légendaires "naissance d'une nation" (1914) et "intolérance" (1916).

- Dans les années 1920, l'expression filmesque se développe avec quelques grands noms : Max LINDER , Abel GANCE , Louis DELLUC en France ; Fritz LANG, Ernst LUBITSCH en Allemagne; Sergueï EINSENSTEIN en URSS.

- Hollywood : la Mecque du Cinéma fondée en 1887, annexée à Los Angeles en 1910 (1911 : 4.000 hab. - 1980 : 200.000 hab.)

- Depuis 1911, 30 000 films y ont été tournés. Dès 1918, le "star system" est tout puissant, Hollywood attire les grands cinéastes étrangers qui y tournent de nombreux films (Ex. E. VON STROHEIM, J. VON STERNBERG).

- De 1914 à 1930, le cinéma burlesque connaît son âge d'or inventé par Mack SENNET, avec CHAPLIN et KEATON.

- Crise depuis les années 60 : moins de 100 films produits par an, contre 850 en moyenne vers 45-50. Actuellement, les studios hollywoodiens travaillent pour une part importante pour la T.V.

- 1925 : Henri CHRETIEN invente le cinémascope.

- 1927 : premier film sonore, parlant et chantant "le chanteur de Jazz" de A. CROSLAND.

- Années 30 : le cinéma américain, malgré la crise de 1929, assure sa suprématie. La comédie musicale s'impose (Fred ASTAIRE) puis la comédie légère (le cinéaste Frank CAPRA), le film de gangsters («Scarface" d'Howard HAWKS, 1932), le film de guerre, le western ("la chevauchée fantastique" de John FORD, 1939) et le temps de la superproduction ("Autant en emporte le vent" de Victor FLEMING en 1939).

La couleur fait son apparition, par procédé Technicolor (1934) ; WALT DISNEY popularise le dessin animé. 1937, "Blanche Neige et les 7 nains", premier long métrage d'animation.

- 1941 : O. WELLES révolutionne la technique du 7ème Art dans "Citizen Kane".

- La deuxième guerre mondiale consolide la position privilégiée du cinéma US dans le monde.

- 1947-52 : La réaction du "maccarthysme" secoue Hollywood. Une "liste noire" est élaborée, mettant en accusation (exclusion, procès) des acteurs, réalisateurs, soupçonnés d'avoir des idées subversives (communisme). Prennent parti pour ce mouvement : Elia KAZAN (réalisateur d"'un tramway nommé désir", "sur les quais"), Cécil B. de Mille ; parmi les proscrits : le richissime C. CHAPLIN qui s'exile en Suisse.

- Années 50 : la concurrence vive de la T.V. pousse l'industrie du cinéma à lancer de nouveaux procédés : cinéma en relief, cinémascope, cinérama.

- A partir des années 60, le cinéma "ouvert sur le monde" devient dans de nombreux pays une arme idéologique, politique et sociale et s'ouvre à toutes les tendances esthétiques : "free cinéma" en G.B. ; "nouvelle vague" en France ; "cinéma nova" au Brésil, écoles de l'Europe centrale (notamment en Pologne avec Andreï WAJDA).

- En se diversifiant, le cinéma cherche en fait à freiner la crise de fréquentation, aujourd'hui généralisée.

- La nouvelle vague française est assurée par Jean-Luc GODARD, François TRUFFAUT, Claude CHABROL ; ils défendent la notion "d'auteur de film".

* France : Les années 1970 voient l'avènement de Maurice PIALAT, Alain CORNEAU, Bertrand TAVERNIER, Jean-Jacques ANNAUD. Les années 1980 et 90 révèlent des virtuoses de l'image comme Luc BESSON, Jean-Pierre JEUNET, Mathieu KASSOVITZ.

  • Généralisation du son Dolby.

* USA : Les années 1970 : La nouvelle vague américaine arrive avec, comme chefs de file, Woody ALLEN, Brian de PALMA, Martin SCORSESE, Francis Ford COPPOLA, Steven SPIELBERG et George LUCAS.

- Années 1990 : Les trucages numériques révolutionnent l'aspect visuel des films américains ("Jurassic Park, 1993, en est le précurseur), puis français ("La cité des enfants perdus" de CARO et JEUNET, "Le 5ème élément" de BESSON)

- 1993 : Le son THX, inventé par G. LUCAS arrive dans les salles après avoir amélioré la sonorisation des films en studio.

 

ELEMENTS ECONOMIQUES

 

- Depuis les années 50, l'industrie du film doit faire face à une série de problèmes dont la solution commande son destin économique ; une question se pose : crise ou mutation ?

- Dès 1929, aux USA, l'industrie du cinéma n'est plus en expansion (récession, guerre). Puis l'avènement de la télévision a accéléré le phénomène de ralentissement après 1945, devenant le facteur le plus déterminant de la crise structurelle du cinéma.

- Face à la crise, le cinéma américain, au niveau de la production, a su parfaitement tirer profit de son pouvoir d'adaptation, du remarquable réseau mondial de ses distributeurs et du caractère relativement universel de ses films. La situation du cinéma européen est nettement plus difficile : la faible dimension des marchés nationaux, la rareté des investissements, la baisse de la fréquentation sont autant de problèmes qui grèvent cette industrie en récession.

- Si le cinéma US est toujours le plus fédérateur au niveau du public, les cinémas français et anglais se portent de mieux en mieux avec de grands succès comiques comme "Les Visiteurs", "The full Monty" ou des films plus graves comme "Secrets et mensonges" (Mike LEIGH), "Trainspotting" (Danny BOYLE), "La haine" (Mathieu KASSOVITZ).

De plus, en 1997, parmi les 10 films ayant eu le plus de succès en France, cinq sont français. Enfin, les talents européens s'exportent et prouvent le dynamisme de l'Europe face aux USA.

 

DROIT DU CINEMA

 

- Loi du 29 juillet 1982 sur la communication audiovisuelle, titre V (art. 88 à 92) à propos de la diffusion des oeuvres cinématographiques.

- Décret du 4 janvier 1983 fixe le délai (un an) pendant lequel les oeuvres exploitées en salles ne peuvent être exploitées simultanément en vidéocassettes. Ce délai a été réduit à 8 mois, voire moins, si le film concerné n'a pas eu de succès en salle.

- Décret du ler janvier 1983 réglemente les groupements de programmation des salles.

- Décret du 9 février 1983 définit les conditions de nomination, de saisine et de prononcé des décisions du médiateur du cinéma créé par l'art. 92 de la loi du 29 juillet 1982. La fonction du médiateur est d'assurer la concertation préalable dans les litiges relatifs à la diffusion en salles, qui ont pour origine des obstacles faussant le jeu de la concurrence.

 

PRINCIPAUX FESTIVALS ET RECOMPENSES.

 

- Festival International du Cinéma à BERLIN (Ours d'Or).

- Manifestation de l'Academy of motion pictures arts and science à LOS ANGELES (Oscar).

- Manifestation de l'Académie des Arts et Techniques du Cinéma à PARIS (César).

- Festival de CANNES (La Palme d'Or).

- Biennale de VENISE (Lion d'Or).

- Festival du Film Soviétique à MOSCOU.

- Rencontres Internationales de BERGAME pour le cinéma d'art et d'essai.

- Festival International du Film à NEW YORK.

- Festival Mondial du Film à MONTREAL...

 

PRINCIPALES INSTITUTIONS.

* FRANCE :

- Institut de Hautes Etudes Cinématographiques (IDHEC) créé en 1943 à PARIS, qui devient en 1986 la Fédération européenne des métiers de l'image et du son (FEMIS). Autre école : l'Ecole nationale supérieur Louis Lumière, créée en 1926.

- Ministère de la Culture et de la Communication qui patronne ou a créé : Le CNC (Centre National de la Cinématographie), en 1946 le Compte de Soutien aux Industries de Programme (Définitif), Le Fonds de Soutien aux Industries de Programme (Provisoire), Les SOFICA (Société de Financements des Industries Cinématographiques ou Audiovisuelles).La Cinémathèque française a été créée en 1936.(sauvegarde des films ayant trait à l'histoire du cinéma).. La Commission de Contrôle des Films cinématographiques. La Commission d'avances sur recettes, pour aider le financement des films français.

* USA : Motion Picture Association of America (Corporation des Sociétés Productrices) créée en 1930, ou la Motion Picture Export Association of America (MPEAA) qui représente les distributeurs des Majors Companies,ou l'American Film Marketing Association (AFMA) qui représente les distributeurs indépendants. Il existe un Code "Hayes" sur l'autocensure, avec contrôle de la Cour suprême.

* G.B : Cinématograph Film Act (1927), British Board of Films Censors (1912), British Screen Finance (BSF)(1985)qui établit les grandes lignes de la politique gouvernementale pour la production, la distribution et l'exploitation, et le British Film Institute (BFI) (1933) qui a une vocation culturelle et développe les coproductions avec l'étranger.

* International :

- Convention Universtie sur le droit d'auteur de GENEVE - 1952

- Convention de BERNE sur le droit d'auteur - 1886 - (révisée en 1971).

 

ELEMENTS D'ACTUALITE :

- Automne 1999, ouverture d'un débat entre les cinéastes et les critiques, ce qui fait dire à John Osborne : "demander à un créateur ce qu'il pense d'un critique, c'est demander à un chien ce qu'il pense d'un révérbère" (Le Monde, 25 novembre 1999)

- Lors des négociations entre l'Union Européenne et l'OMC (1999), le cinéma fait partie de 'l"exception culturelle" française.

P. Moscovici : " la culture et l'audiovisuel ne sont pas des marchandises comme les autres qui peuvent être soumises à la libéralisation"

 

ELEMENTS DE BIBLIOGRAPHIE

 

- Introduction à une véritable histoire du cinéma - J.L.GODARD

- Le cinéma et Esthétique du cinéma, H. AGEL.

- Esprit du cinéma, J. EPSTEIN.

- Intelligence du cinématographe, Marcel L'HERBIER.

- Le 7 ème Art, P. DUVILLARD.

- Cinéma d'hier, cinéma d'aujourd'hui, René CLAIR.

- Entretiens autour du cinématographe - J. COCTEAU.

- Le goût de la beauté" , Eric ROHMER

- Faire un film, F. FELLINI.

 

 

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10 juillet 2008 4 10 /07 /juillet /2008 23:36

LITTERATURE

 

DEFINITION

- Du latin : Litteratura "écriture", puis "érudition".

- XVe siècle (sens très large) : Ensemble des connaissances.

- XVIIIème siècle : les oeuvres écrites dans la mesure où elles portent la marque de préoccupations esthétiques

- XXème siècle : Ce qu'on ne trouve guère que dans les oeuvres littéraires, ce qui est artificiel, peu sincère, opposé à la réalité.

ORGANISMES :

* Académie Française (créée en 1635), supprimée par la Révolution (de 1793 à 1816).

- Double fonction : élire les auteurs majeurs selon les critères qu'elle définit, et tenir à jour le dictionnaire.

- Secrétaire perpétuel élu jusqu'à sa mort.

- Décerne un prix littéraire (Paul Morand) de 300. 000 F, grand prix du roman (50.000 F) et grand prix de la francophonie (400.000 F).

* 1500 prix littéraires sont décernés chaque année en France d'un montant allant de 50 F à 300. 000 F.

* Organisation de l'Union des Ecrivains

LES PRIX LITTERAIRES :

- prix Nobel : annuel, décerné depuis 1901 par l’Académie de Stockholm à " l’auteur de l’ouvrage littéraire le plus remarquable d’inspiration idéaliste " (250 000 F)

86 lauréats dont 6 femmes

Refusé 2 fois (B. Pasternak et JP. Sartre)

Les Français primés : S. Prudhomme, F. Mistral, R. Rolland, A. France, H. Bergson, A. Gide, F. Mauriac, A. Camus, Saint-John Perse, C. Simon.

- prix Théophraste Renaudot : (1925), annuel, le même jour que le prix Goncourt, il récompense un ouvrage en prose combinant talent et originalité.

- prix Fémina : annuel, récompense la meilleure œuvre française en prose ou en poésie. Fondé en 1904 par les revues " Fémina " et " Vie heureuse ". (5000 F). Prix Fémina étranger créé en 1985.

- prix Médicis : (1958), annuel, le même jour que le Fémina. 4500 F à l’auteur dont l’œuvre publiée dans l’année apporte un ton et un style nouveaux. Depuis 1970, + un écrivain étranger. Depuis 1985, + un essai.

- prix Goncourt : le plus recherché en France, malgré la modicité du montant (50 F) ; les 10 membres de l’Académie des Goncourt le décernent depuis 1902, après un déjeuner traditionnel, à un roman publié dans l’année, qui s’impose par la jeunesse d’esprit et l’originalité de la forme. A partir de 1974, attribution d’une bourse de la nouvelle, du récit historique. 1980 : prix de biographie. 1985 : prix de poésie.

- prix mondial Cino del Duca : créé en 1969, annuel, récompense un auteur ou chercheur " dont l’œuvre constitue un message d’humanisme moderne " (200 000 F)

- prix interallié : récompense de préférence le roman d’un journaliste , annuel, fondé en 1930 par des journalistes du Cercle interallié (montant néant)

COMPLEMENTS.

- 1984 : 29.000 titres publiés en France.

- En 1981, une loi impose à toute personne physique ou morale qui édite un livre, de fixer pour celui-ci, un prix de vente au public.

- Droits d'auteurs : En France, l'auteur d'une oeuvre jouit d'un droit de propriété exclusif; son oeuvre cependant tombe dans le domaine public 50 ans après sa mort (loi de 1957)

- Les auteurs reçoivent en général de 6 à 15 % du prix de vente au public.

- livre comme phénomène commercial, produit de consommation : vulgarisation du livre à 10 F, livres de poche. La quantité prime sur la qualité.

 

SOCIOLOGIE DE LA LITTERATURE

Robert ESCARPIT : "L'art littéraire a pour objet la recherche d'un équilibre entre la plastique graphique, la méthode du langage et la signification intellectuelle. En ce sens, le livre chinois est le modèle de toute littérature, dans la mesure où les idéogrammes sont à la fois dessin, musique et pensée".

Jean Paul SARTRE : "Par la littérature, la collectivité passe à la réflexion et à la méditation; elle acquiert une conscience malheureuse, une image sans équilibre d'elle-même, qu'elle cherche sans cesse à modifier et à améliorer".

CITATIONS :

"La littérature n'est qu'un développement de certaines des propriétés du langage" - Valéry.

"Et tout le reste n'est que littérature" - Verlaine.

"C'est avec des beaux sentiments qu'on fait de la mauvaise littérature" - Dostoïevsky.

"La fonction de l'écrivain est de faire en sorte que nul ne puisse ignorer le monde" - Sartre.

" Le plagiat est la base de toutes les littératures, excepté de la première, qui d’ailleurs est inconnue. " - Giraudoux

" Au fond, en littérature, on arrive comme dans l’armée, à l’ancienneté ; le principal est de débuter. " - Huysmans

" Le monde peut fort bien se passer de la littérature. Mais il peut se passer de l’homme encore mieux. " - Sartre

" Notre littérature est comme une poule, elle pond sans cesse. Et les œufs se ressemblent terriblement. " - Finne

" La littérature est l’expression de la société, comme la parole est l’expression de l’homme. " - de Bonald

" La différence entre la littérature et le journalisme, c’est que le journalisme est illisible et que la littérature n’est pas lue. " - Wilde

2 conceptions semblent s'opposer :

1. Giraudoux : Est littéraire toute oeuvre non fonctionnelle : "La seule affaire, c'est de trouver son style, l'idée vient après".

2. Sartre : Il n'y a de littérature qu'engagée : "Le plaisir esthétique n'est pur que s'il vient par dessus le marché".

QUELQUES COURANTS LITTERAIRES FRANCAIS.

XVIème Siècle - La Pléiade : Du Bellay - Ronsard

- Humanisme : Rabelais

XVIIème Siècle - Classicisme : Corneille - Molière - Pascal - Boileau.

XVIIIème Siècle - Encyclopédistes : Voltaire - Diderot - D'Alembert.

- Préromantiques : Rousseau - Chateaubriand.

XIXème Siècle - Romantiques : Mme de Staël - Hugo - Balzac - Stendhal.

- Réalisme : Flaubert - Comte

- Naturalisme : Zola - Maupassant - Daudet.

- Parnasse : Gautier - José-Maria de Hérédia - Verlaine

- Symbolisme : Verlaine - Baudelaire

XXème Siècle - Surréalisme : Breton - Aragon - Eluard - Artaud - Prévert - Desnos.

- Existentialisme : Sartre - Camus - S. de Beauvoir

- Nouveau Roman : Butor - Robbe-Grillet - Simon - Sarraute

NB : Duras et Becket pratiquent des techniques analogues, mais ne sont pas admis au titre de nouveaux romanciers par le colloque de Cerizy-la-Salle en 1971.

BIBLIOGRAPHIE

- JP. Sartre : Qu'est-ce que la littérature ?

- R. Escarpit : Sociologie de la littérature.

- Georg Luhaçs : Théorie du Roman.

- Girard : Mensonge romantique et vérité romanesque.

 

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10 juillet 2008 4 10 /07 /juillet /2008 23:34

PEINTURE

 

ETYMOLOGIE : Peindre : du latin "pingere", "pictus" : broder, d'où "pictor : peintre" et "pictura : peinture", "pigmentum : couleur".

DEFINITION : peinture : "  art et technique de l’expression, figurative ou non, par les formes et les couleurs, dans les deux sens de la toile, du panneau, de la feuille de papier, du mur... ".

LES TECHNIQUES DE LA PEINTURE

- A base d'eau : aquarelle et gouache, œuf, acrylique.

- A base d'huile.

- Les pastels : secs ou gras, poudre de couleur solidifiée en bâtonnet, intermédiaire entre la peinture et le dessin.

- Les lavis : peinture exécutée à l'encre de chine sur papier ou soie (origine chinoise).

- A l’encaustique: cire et pigments.

- Le collage inventé en 1912 par les cubistes.

- Le dripping : inventé par Jackson Pollock en 1947 : jet de gouttes de peinture à partir d’une boîte percée.

- Fresque : peinture murale.

- Frottage, grattage et photomontage : Développés par les surréalistes comme Max Ernst.

 

L'EVOLUTION DE LA DEFINITION

De la représentation fidèle de la nature à l’expression de la personnalité du peintre :

Pendant longtemps, la peinture a été définie comme la représentation fidèle du réel ou de l'imaginaire. Une légende traduit parfaitement bien cette conception de la peinture : il s’agit de celle des raisins de Zeuxis qui étaient si fidèlement représentés que les oiseaux vinrent les picorer. Socrate, dans le Philèbe de Platon comparait d’ailleurs la mémoire à un peintre imprimant dans son esprit les images.

Si la peinture peut être fidèle, c'est parce que le discours (parole et raison) suppose déjà qu'il existe des choses, substances ou accidents et que ces choses sont dénommables.

Mais au XIXème siècle, avec le développement de la photographie, s'opère un changement : toute représentation fidèle est considérée comme impossible puisque que le réel ne peut être nommé, et qu'il dépend de la vision du peintre. De rationnel, l’art devient sensible : « Est laid ce qui n’exprime rien " disait le sculpteur Rodin.

Un autre changement se fait jour à la même époque ; depuis l’Antiquité, la valeur d’un tableau tenait à l’objet représenté ; pour Aristote et Platon, le peintre se devait de choisir des sujets nobles car l’art devait être moral afin d’amener les hommes vers la sagesse. Chez les classiques français du XVIIème siècle, la beauté de l’ouvrage résidait encore dans le choix du sujet, et depuis la Renaissance (XVe siècle) existait une véritable hiérarchie des genres qui mettait au-dessus de tout la peinture d'histoire.

Le classicisme (XVIIeme Siècle) se caractérise par la recherche de l’équilibre, de la clarté, du naturel : Raphaël, Titien, Poussin.

- Plusieurs genres sont déterminés :

. la peinture d'histoire : elle comprend la peinture religieuse et la peinture dont le sujet est tiré de l'histoire ou de la fable : David, Ingres.

. le portrait,

. la peinture de genre (le nu n'est pas un genre),

. le paysage et les marines.

. la nature morte : le célèbre Chardin par exemple dut un instant délaisser la nature morte, considérée comme vulgaire, afin de se consacrer à un domaine plus noble : la peinture de genre.

- La distinction des genres est faite dès l'Antiquité (Pline - Histoire naturelle). Elle disparaît au Moyen-Age, suite à l'effacement quasi complet de la peinture de chevalet pour renaître peu à peu à partir du XIVe siècle ; le portrait est le premier genre à réapparaître. Les fonds de paysage et les accessoires réalistes sont à l'origine des genres autonomes du paysage et de la nature morte. Au XVe siècle apparaissent les Vanités (nature morte évoquant les "fins dernières" de l'homme).

- La hiérarchie des genres a pour origine l'idée qu'aux différents types de sujets doit correspondre un style particulier. Vitruve (1er siècle avant J.C) distingue les styles tragique, comique, satirique. La Renaissance établit l'homme comme sujet privilégié des représentations artistiques.

- Cette conception est utilisée dès le XVe siècle par les peintres pour se distinguer des artisans : tandis que l'artisanat est fondé sur l'habileté manuelle, l'art nécessite l'intelligence et la culture.

Après la Renaissance (XVème siècle), le Maniérisme (XVIème siècle) se caractérise par des effets irréalistes de raffinement et d’emphase. Au XVIème siècle, le mouvement Baroque né de la Réforme catholique cherche à étonner, à toucher les sens, à éblouir : Rubens, Caravage.

Au XIXème siècle, l’académisme emphatique réapparaît avec l’art Pompier.

La hiérarchie des genres s'efface progressivement au XIXe siècle. Le génie individuel du peintre est la seule valeur admissible. Au XIXème, le mouvement Orientaliste qui s’inspire des voyages en Orient introduit des sujets nouveaux : scènes de foules et de vie quotidienne à l’étranger : les carnets de Delacroix par exemple.

Ce changement trouve son origine dans la révolution industrielle qui décompose les objets en des éléments interchangeables. L'unité, la désignation, la représentation fidèle du monde sont brisées : le réel n'est qu'une dissémination de points de vue (rôle important de la photographie).

Après le réalisme (de Courbet ou Daumier) de la seconde moitié du XIXème siècle qui refusait d’idéaliser le réel et l’hyperréalisme de la fin des années 60 qui s’inspire beaucoup des procédés de la photographie, on voit se multiplier les courants de peinture s’éloignant progressivement de la représentation figurative pour laisser davantage de place à la subjectivité ; Dubuffet n’hésita d’ailleurs pas à parler " d’invasion du subjectivisme " :

- Déjà avec le romantisme de la fin du XVIIIème siècle qui s’établit contre la tradition académique. Mouvement qui fait triompher la spontanéité et la révolte. Fait prévaloir la sensibilité individuelle et l’imaginaire sur la raison : Delacroix, Géricault, Friedrich, Turner.

-Le symbolisme de 1860-1890, l’art ne doit plus représenter le réel mais traduire un certain idéalisme : Gauguin.

- les impressionnistes (Degas, Cézanne, Renoir, Sisley, Monet, Pissarro) de la fin du XIXème (années 1870) s’efforcent d’exprimer au travers de la peinture les impressions que les objets et la lumière suscitent. Ils choisissent leurs sujets dans la réalité contemporaine. En véritable rupture avec l’Académisme, les impressionnistes sont fortement décriés. Néo-impressionniste : Matisse.

- Vers 1900, l’Art nouveau cherche à imiter les formes naturelles : les formes ondulent, s’enroulent à la manière de certaines plantes grimpantes. Mucha, Klimt, Gaudi (architecte).

- La peinture abstraite fait son apparition en 1910 avec Kandinsky qui marque le début de l’art non figuratif. Il s’agit du renoncement à la représentation pour le seul pouvoir des lignes, des volumes et des couleurs. C’est l’art de la liberté. La seule contrainte est d’assurer un équilibre construit qui satisfasse l’œil. Peintres : Kandinsky, Mondrian, Hartung, Rotko, Poliakoff, De Staël.

- l’expressionnisme et le fauvisme du début XXème siècle se caractérisent par l’intensité extrême des couleurs utilisées. Le fauvisme apparu en 1905 simplifie les formes et la perspective dans le but de rendre à la sensation colorée sa plus forte intensité. Peintres : Matisse, Derain, Vlaminck. L’expressionnisme s’attache à traduire le monde extérieur dans un langage plus émotionnel que plastique : Munch, Soutine, Otto Dix, Kirchner.

- Le pointillisme ou divisionnisme : juxtaposition de touches régulières de différentes couleurs sur la toile, au lieu de mélanger les couleurs sur la palette. Signac.

- le cubisme, entre 1910 et 1930 offre une représentation d’objets décomposés en éléments géométriques simples sans restituer leur perspective ; il exprime ainsi le pouvoir de notre imagination. Ecole : le Bauhaus. G.Braque, P.Picasso (" Les Demoiselles d’Avignon "), F. Léger, Juan Gris.

- L’Orphisme (ou cubisme orphique) vers 1912 : construction abstraite des formes par la couleur : Delaunay.

- le surréalisme, apparu vers 1920 et inspiré par A. Breton, s’appuie quant à lui sur tous les procédés de création et d’expression utilisant toutes les forces psychiques (automatisme, rêve, inconscient) afin de libérer l’artiste du contrôle de la raison, rien ne doit être calculé ; ce mouvement est en lutte contre les valeurs reçues. Max Ernst, Dali, Magritte, Miro, Tanguy. De même, le mouvement COBRA (Copenhague, Bruxelles, Amsterdam) exalte toutes les formes de création spontanée : Alechinsky. A noter, l’existence d’une forme artistique à la frontière de la peinture : l’Action Painting qui est une peinture gestuelle de la spontanéité, basée sur la performance devant public (généralement, l’artiste exécute ses toiles le jour de l’inauguration de l’exposition) : Pollock, De Kooning. Dans les années 1960, l’art conceptuel fait primer l’idée sur la réalité matérielle de l’œuvre.

- Le Pop Art né à Londres au milieu des années 1950 et qui s’est imposé aux USA se pose en réaction contre la subjectivité de l’expressionnisme abstrait. Il porte son intérêt sur une culture populaire formée par les images de la vie moderne et des médias (publicités, stars, BD) : Andy Warhol, Roy Lichenstein. Dans les années 1960, le OP ART (optical art) est fondé sur l’illusion d’optique : Vasarely.

Aussi A. Malraux a-t-il affirmé : " La peinture tend bien moins à voir le monde qu’à en créer un autre " tant il est vrai que les peintures de Van Gogh par exemple, ou bien encore G. Braque ou S. Dali semblent nous plonger dans un monde qui nous est totalement étranger.

Il ne faut pourtant pas oublier que le réel sert toujours de base à l’artiste, et que chaque œuvre reflète la vision que le peintre se fait de la réalité. Ainsi toute peinture peut-elle apparaître comme une réaction du peintre face à ce qui l’entoure (son époque, la science...) ; le peintre ne peut qu’être imprégné par son environnement :

- le peintre peut se mettre au service du pouvoir en place : David représentant Napoléon, ou les artistes du réalisme socialiste. En Russie, le constructivisme (années 1920) : idée selon laquelle l’artiste devient un ingénieur-producteur ayant la fonction sociale de participer à la transformation du monde : Malévitch. A la fin des années 1930, le Futurisme en Italie exalte le monde moderne, la civilisation urbaine, la machine, la vitesse : Boccioni.

- mais il peut également s’opposer au monde qui l’entoure. L’art baroque traduisait la lutte entre catholicisme et protestantisme . Le symbolisme trouvait son origine dans une grande déception vis à vis de la science : aussi les peintres se réfugiaient-ils dans les mythes, l’idéalisme. Le dadaïsme quant à lui se présente comme un mouvement artistique révolutionnaire contre la culture bourgeoise. C’est l’art de la dérision et de la provocation qui exprime la négation d’un monde mourant et la révolte : Picabia, Duchamp, Arp, Man Ray, Ernst. Le pop’art d’Andy Warhol critique la société de consommation et Max Beckmann décrit au travers de ses toiles l’isolement et la déchéance des humains dans les villes du XXème siècle.

Finalement, la peinture, à toutes les époques, est caractérisée par son pouvoir de mettre en relation le réel, l'imaginaire et le symbolique.

A noter, L’Art Brut : une peinture spontanée pratiquée par des personnes ayant échappé au conditionnement culturel et étrangères au milieu artistique : autodidactes, déviants mentaux (Aloïse) ou médiums.

Et la peinture naïve pratiquée par des autodidactes doués d’un sens plastique naturel, ne prétendant pas à l’art savant. Peinture caractérisée par l’absence de genre. Le Douanier Rousseau, Bauchant. Beaucoup de peintres en Amérique Latine.

CITATIONS

- APPOLINAIRE : "Un PICASSO étudie un objet comme un chirurgien dissèque un cadavre".

-BOILEAU : " Il n’est pas de serpent ni de monstre odieux

Qui par l’art imité ne puisse plaire aux yeux ".

- Raoul DUFY (1877-1953) : "Peindre, c'est faire apparaître une image qui n'est pas, celle de l'apparence naturelle des choses, mais qui a la force de la réalité". in Carnets.

- Pablo PICASSO (1881-1973) , principal initiateur de la Révolution Cubiste. Toiles : "Guernica" en 1937 - La célèbre "Colombe de la paix" - "Les demoiselles d'Avignon" 1907.

"En réalité, on travaille avec peu de couleurs. Ce qui donne l'illusion de leur nombre, c'est d'avoir été mises à leur juste place".

"Non, la peinture n'est pas faite pour décorer les appartements. C'est un instrument de guerre offensive et défensive contre l'ennemi". Dans Cahiers d'art (Conversation avec Christian Zervos, 1935).

- Jean PREVOST (1901-1944) : "Un bon portrait n'est pas seulement celui qui ressemble au modèle mais celui qui ne ressemble plus à rien d'autre" in Les Caractères.

- VOLTAIRE : "Tant de libres faits sur la peinture par des connaisseurs n'instruiront pas tant un élève que la seule vue d'une tête de Raphaël".

-LEONARD DE VINCI (1452-1519) : "La peinture est une chose mentale". Il incarne l'émancipation de l'artiste ; "Mona Lisa" (1503-1505) (Le Louvre).

 

 

 

QUELQUES PEINTRES ET PEINTURES CELEBRES.

- peintres de la Renaissance ; l’art est alors lié aux sciences et traduit l’humanisme de l’époque : l’homme est le centre d’intérêt.

BOTTICELLI (1445-1510) : " La naissance de Vénus ".

Michel ANGE (1475-1564) à qui l’on doit la fresque du "Jugement dernier" terminée en 1541 dans la Chapelle Sixtine (Vatican). Sculpteur, peintre et architecte. Humanisme platonicien superposé à la foi chrétienne. Dessine l’uniforme des gardes suisses du Vatican aujourd’hui encore en vigueur.

RAPHAEL (1483-1520), grand Maître du Classicisme ; a réalisé une grande partie des chambres du Vatican.

- Autres :

- BALTHUS (1908-2001) : Paysages aux lumières pâles, fillettes troublantes.

- F. BACON (1909-1992) : Nouvelle Figuration. Exprime l’inadaptation et le malaise des êtres par des déformations violentes et par l’acidité de la couleur.

- Paul CEZANNE (Aix-en-Provence 1839-id.1906) : Transpose la sensation visuelle dans une stricte construction plastique. Exerce une grande influence sur le cubisme, le fauvisme et l’abstraction. " Joueurs de cartes ", nombreuses vues de la montagne Sainte-Victoire.

- J. S. CHARDIN (1699-1779) : Natures mortes et scènes de genre qui traduisent la vie silencieuse du sujet.

- DALI (1904-1989) : Surréaliste qui a peint l'Exaltation du désir. ‘ Le Christ de Saint Jean de la Croix’.

- Louis DAVID (1748-1825) : Peintre de napoléon, chef de l’école néoclassique. " Marat assassiné ", " Les Sabines "

- Edgar DEGAS (1834-1917) : Impressionniste.

- E. DELACROIX (1798-1863), romantique : ‘la Liberté guidant le peuple’. Chef de l’école romantique.

- Otto DIX (1891-1969) : Expressionniste allemand. Maître du courant " la nouvelle objectivité ". Très marqué par la Première Guerre Mondiale, les " gueules cassées " et la vie dissolue des villes.

- Jean DUBUFFET (1901-1985) : Théoricien de l’art brut, il s’est inspiré des graffiti et du dessin d’enfant.

- Albrecht DÜRER (1471-1528) : peintre et graveur allemand. Aquarelliste réputé.

- J. H. FRAGONARD (1732-1806) : Auteur de scènes galantes, de genre et de portraits.

- GAUGUIN (1852-1926) : D'abord lié à l'Impressionnisme, puis au Symbolisme et à l'Exotisme. Toile : "Bord de la mer à la Martinique».

- Théodore GERICAULT (1791-1824) : Premier des romantiques et précurseur du réalisme. " Le radeau de la Méduse ".

- GOYA (1746-1828) : Annonce la complexité du monde moderne.

- INGRES (1780-1867) : Chef de l’école classique. " La grande Odalisque ", " Le bain turc ".

- Vassily KANDINSKY (1866-1944) : Peintre russe. UN des grands initiateurs de l’art abstrait.

- Paul KLEE (1879-1940) : Créé un monde onirique et gracieux qui participe de l’abstraction et du surréalisme.

- Gustav KLIMT (1862-1918) : Figure clé de l’Art nouveau et du symbolisme viennois.

- Fernand LEGER (1881-1955) : Langage essentiellement plastique fondé sur le dynamisme de la vie moderne.

- Roy LICHENSTEIN (1923-1997) : Représentant du Pop Art, il s’approprie, pour les transposer, des images de bandes dessinées ou d’œuvres d’art appartenant à un passé récent.

- René MAGRITTE (1898-1967) : Oeuvres exécutées avec une précision impersonnelle. Surréaliste.

- MANET (1832-1883). Toiles : "Le déjeuner sur l'herbe", "Le bal masqué à l'opéra", "Un bal aux folies bergères".

- Henri MATISSE (1869-1954) : Maître du fauvisme qu’il d "passe, utilisant de larges aplats de couleur sur un dessin savamment elliptique. " la Danse ".

- J. F. MILLET (1814-1875) : Réaliste. " Les glaneuses ", " L’Angélus ".

- Joan Miro (1893-1983) : Surréaliste espagnol. Pratique de l’automatisme.

- Piet MONDRIAN (1872-1944) : Néerlandais, Abstraction géométrique.

- C.MONET (1840-1926) : représentant le plus typique de l’impressionnisme ; ‘Cathédrale de Rouen’ observée aux différentes heures du jour, " Nymphéas ", série des " Gares Saint-Lazare " Sa toile " Impressions, soleil levant " (1874) donne à un critique l’occasion de forger, péjorativement, le nom qui va devenir celui de l’école impressionniste.

- E. MUNCH (1863-1944) : Précurseur norvégien de l’expressionnisme, ses thèmes dominants sont l’angoisse, la difficulté de vivre. " Le cri ".

- Pablo PICASSO (1881-1973) : Son œuvre bouleverse l’art moderne. Plusieurs périodes : bleue, rose, cubiste, néoclassiciste, surréaliste, abstrait et expressionniste. " Les demoiselles d’Avignon ", " Guernica ".

- REMBRANDT (1606-1669) : ‘ le reniement de Saint Pierre’.

- A.RENOIR (1841-1919), impressionniste ; ‘les Baigneuses’. Scènes de la vie heureuse.

- Pierre Paul RUBENS (1577-1640) : Peintre flamand. Style fougueux et coloré. Œuvre caractéristique du courant baroque.

- G. SEURAT (1859-1891) : Initiateur et maître du divisionnisme. Il cherche à reconstruire les formes selon une harmonie rigoureuse dont les bases se veulent scientifiques.

- P. SOULAGES (1999- ?) : Balafres immenses associant le noir et la couleur.

- Henri de TOULOUSE-LAUTREC (1864-1901) : Scènes de music-hall et de divers lieux de plaisir parisiens. Il est l’un des pères de l’affiche moderne.

- William TURNER (1775-1851) : Paysagiste britannique. Dissous les formes dans le frémissement de l’atmosphère et de la lumière.

- VAN GOGH (1853-1890), grand expressionniste. Toiles: "Les iris", "Les tournesols".

- VERMEER (1632-1675) : Peintre néerlandais, exécute des scènes d’intérieur et jeux de lumière. " La Dentellière ", " la Laitière ".

- Andy WARHOL (1928-1987) : Un des représentants du Pop Art, procédant par multiplication d’une même image à base photographique (boîte de soupe, portrait de Marilyn Monroe). Chef de file de la contre-culture. Critiqué pour sa tendance à faire e l’art un véritable commerce. Son atelier est baptisé " la Manufacture ".

MUSEES ET ORGANISMES OFFICIELS

- En 1970, on recensait 18.000 musées au monde. De nos jours, la France possède près de 4000 musées. C'est le gouvernement français de la Convention qui nationalisa les œuvres provenant des collections royales, des églises et des biens des émigrés. C'est ainsi que s'ouvre le Muséum central des Arts, dans la grande galerie du Louvre en 1793.

Dans toute l'Europe se développent alors les musées publics :

- Le British Museum en 1816.

- Le Victoria et Albert Museum de Londres en 1851.

  •  
    • Puis, en 1870, le Metropolitan Museum de New York.

En 1801, l’arrêté Chaptal établit 15 musées en province. En 1870, le ministère des Lettres, Sciences et Beaux-Arts est créé. En 1895 : création de la Réunion des musées nationaux, un outil des gestion transversal. Aujourd’hui, c’est le principal prestataire des services pour les expositions et les activités d’édition et de commerce. Sa mission première est toutefois l’acquisition d’œuvres d’art. C’est une ordonnance promulguée par Vichy (13 juillet 1945, ordonnance n°45-1546) qui constitue la première tentative d'une législation d'ensemble des musées et qui est la clé de voûte de l’organisation actuelle des musées.

A sa création en 1959, le ministère de la culture se donne pour objectif de  " rendre accessible au plus grand nombre les œuvres capitales de l’humanité " et d’assurer " la plus grande audience au patrimoine culturel ". Est alors mis en œuvre un travail de démocratisation de l’art. Les musées de peinture se multiplient ; en 1977 fut inauguré à Paris le Centre Pompidou, abritant le Centre national d’art et de la culture. Pourtant, le mouvement de démocratisation est lent, et dans les années 80, encore 83,5% des visiteurs de musées d’art ont un niveau d’études équivalent ou supérieur au baccalauréat (P. Bourdieu, dès 1966, avait établi une corrélation entre la fréquentation des musées et le milieu familial, le milieu social d’origine et enfin le niveau scolaire).

L’Etat français a également cherché à encourager la création de peinture (entre autres) :

- par des achats et des commandes de tableaux (1811 entre 1973 et 1981). 2.3 milliards de francs ont été consacrés par l’Etat à l’acquisitions d’œuvres d’art entre 1982 et 1991.

- En améliorant la situation matérielle des artistes afin de les encourager à créer : en leur accordant des revenus décents, des garanties contre les risques sociaux.

La politique nationale des musées passe par des incitations financières et par une politique d’acquisitions qui constitue une aide aux artistes : 1982, création du FRAM (Fonds Régionaux d’Acquisition des Musées) pour l’enrichissement des collections, visant à retenir sur le territoire les œuvres essentielles ; les FRAC (Fonds Régionaux d’Art Contemporain) qui fonctionnent selon le même principe, mais les œuvres acquises ne sont pas nécessairement destinées aux musées, elles sont parfois stockées. Cette démarche vise à aider les artistes contemporains tout en préservant le patrimoine d’art contemporain.

Principaux musées en France :

Le Louvre : œuvres avant 1848. Pyramide en 1989.

Orsay : ouvert en 1986. Œuvres de 1848 à 1905.

Centre Pompidou : ouvert en 1977. Œuvres du XXème siècle.

Musée Picasso : ouvert en 1985.

QUELQUES CHIFFRES :

- 15 % du budget de la culture sont consacré aux musées nationaux.

- Musées nationaux : 9.5 millions d’entrées en 1980 ; 16 millions en 1990.

- En 1994 : 6 millions d’entrées au Louvre, 2.2 millions à Orsay, 1 million au Centre Pompidou.

- 30 % des français âgés de 15 ans et plus ont visité un musée dans les douze mois précédent (proportion stable entre les enquêtes en 1973 et en 1988).

- En 1994, 29 % des jeunes de 12 à 25 ans ont visité un musée dans les douze mois précédent, mais 34 % n’ont jamais fréquenté ni musée ni exposition.

- 1998, " La femme aux bras croisés " de Picasso vendu à 381 millions de francs.

- 1987, " Les tournesols " de Van Gogh vendus 267 millions de francs et " les Iris " 323 millions de francs.

 

QUELQUES MECENES :

Si le mécénat a longtemps été le fait des Églises et des princes accordant leur soutien à des artistes, il a considérablement évolué et, dans sa version moderne, il est caractéristique de la démarche de certaines grandes entreprises ou d’individus, visant à ouvrir l’activité privée sur les besoins de la collectivité.

- Charlemagne : crée les ateliers d’arts du palais.

- Les Médicis, spécialement Catherine de Médicis.

- François Ier : grand mécène, accueille Léonard de Vinci à sa cour.

- Richelieu : Grand collectionneur, créé l’Académie Française.

- Louis XIV : Mécène, encourage et pensionne les artistes, ce qui lui permet de surveiller et orienter l’art.

- Solomon Guggenheim (1861-1949) : industriel et grand collectionneur américain. A l’origine de nombreux musés à travers le monde : musée Guggenheim à New York et à Bilbao. Un des plus grands collectionneurs d’art moderne. Sa nièce, Peggy Guggenheim fonde un musée à Venise.

 

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10 juillet 2008 4 10 /07 /juillet /2008 23:33

LE THEATRE

 

 

DEFINITION

1. Lieu où l'on représente des ouvrages dramatiques.

2. Art de représenter une action dramatique devant un public.

Concepts proches :

- Littérature dramatique (ensemble des pièces d'un pays ou d'un auteur).

- Réalisations scéniques, expression composite, représentation, pièce, forme orale de littérature.

- Théâtralité : existe t-il une philosophie du théâtre ?

THEATRE ET SOCIETE (réflexions sur...)

- Le dramaturge est mêlé à la vie de la cité et le théâtre est pour lui un lieu de communion sociale (les rapports entre public et spectacle) : apport émotionnel.

- Le théâtre s'interroge t-il sur des phénomènes sociaux ou les dénonce t-il ?

- Le théâtre est politique, car il inscrit les protagonistes dans la Cité et dans le groupe.

- Le théâtre a une origine religieuse, à travers les époques et les civilisations, il entretient un besoin et suscite des vocations.

- La finalité du théâtre est la représentation à travers laquelle l'oeuvre est enfin pleinement elle-même.

- Le théâtre est la convergence d'arts différents : écriture, peinture, sculpture, musique, danse...

- Le théâtre, aujourd'hui, doit lutter pour conserver sa place à cause de l'isolement des individus dans la réception des phénomènes culturels et la mécanisation des arts.

CITATIONS

- SHAKESPEARE : "World is a stage" (le monde est une scène).

- Victor HUGO : "Le théâtre est un creuset de civilisation. C'est un lieu de communion humaine. Toutes ses phases veulent être étudiées. C'est au théâtre que se forme l'âme publique".

- Gildas BOURDET : "Le spectateur est comme devant un morceau de réalité, mais il trouve dans les décors des éléments qui lui font penser qu'il n'est pas devant la réalité : c'est la distanciation de laquelle le spectateur tire son plaisir" Gildas Bourdet.

- ... : "Le théâtre est un instrument d'expérimentation imaginaire où l'homme cherche à atteindre ce que la société ne lui donne pas, mais ne cesse de lui promettre".

HISTOIRE DU THEATRE

1. Le théâtre Antique (Les représentations théâtrales ont lieu lors de grandes fêtes religieuses).

Le genre tragique : chants qui accompagnent le sacrifice de Dionysos. Tragédie lyrique et dialectique. "I1 faut inspirer terreur et pitié du spectateur" - Aristote.

ESCHYLE 525-466.

SOPHOCLE 496-405 : "Antigone", "Oedipe Roi".

EURIPIDE 480-406 : "Andromaque", "Alceste".

La comédie grecque : oeuvres d'actualité où l'écrivain attaque ses ennemis littéraires (ARISTOPHANE) et politiques.

2. Le siècle d'or du théâtre XVIe et XVIIe siècle.

La "Commedia" espagnole.

L'amour du théâtre tourne à l'idolâtrie. L'Espagne est le seul pays où ce théâtre nouveau reste dans l'esprit "sacré". La Commedia met en jeu l'honneur et l'Amour : peinture des moeurs et force des passions. Tableaux sur 3 journées.

CERVANTES (1547-1616) : "Don Quichotte de la Manche"

TIRSO DE MOLINA (1583-48) : "Don Juan".

CALDERON (1600-1681).

LOPE DE VEGA (1562-1635).

Le drame élisabéthain.

Le public londonien est aristocratique et populaire. Diversité sociale et psychologique des personnages. Variété et vigueur du style. Beaucoup de lyrisme et d'élan : héros portés au delà de leurs limites. Ils donnent l'ivresse de vivre, rejettent la censure et les interdits sociaux.

MARLOWE (1564-1693).

KYD (1558-1594).

SHAKESPEARE (1564-1616) : "Roméo et Juliette", "Othello", "Hamlet", "Le roi Lear", "Macbeth".

La commedia dell' Arte

Elle fait éclater le carcan des genres. Virtuose du jeu comique et des cabrioles. Théâtre de la rue, héritier des mimes errants et des baladins. Carnaval de jeux de scènes. Personnages : POLICHINELLE, ARLEQUIN, SCAPIN, SCARAMOUCHE, etc.

- GOZZI 1720-1806

- GOLDONI 1707-1793

- (La postérité de cette époque)

Le théâtre classique français

Corneille est créateur du théâtre classique. Héros triomphant de leur destin. Molière utilise toute une gamme d'effets comiques et s'attaque aux vices de l'homme. Racine peint la passion comme une force infernale qui détruit celui qui en est possédé.

- CORNEILLE (1606-1684) : "Le Cid", "Horace".

- MOLIERE (1622-1673) : "Don Juan", "L'école des femmes", "Les précieuses ridicules".

- RACINE (1639-1699) : "Andromaque", "Phèdre", "Britannicus", "Bérénice".

3. Le théâtre Bourgeois au XVIIIe et XIXe siècle

La tragédie est désormais révolue, car elle n'est plus le seul moyen de diffusion des idées

- MARIVAUX (1688-1763) : "La double inconstance".

- DIDEROT (1713-1784).

- SEDAINE (1719-1799).

- BEAUMARCHAIS (1732-1793) : "Le barbier de Séville", "Le mariage de Figaro".

* Drame Romantique.

Dès le XIXe s. montée en force du mélodrame.

- GOETHE,

- SCHILLER,

- HUGO : "Hernani".

- MUSSET, ouverture de la comédie française "Lorenzaccio", "On ne badine pas avec l'amour".

* Comédie bourgeoise.

- MONNIER,

- LABICHE,

- SARDOU,

- AUGIER,

- BECQUE

* Théatre historique.

- ROSTAND (1868-1918).

* Débuts du théâtre de boulevard.

- FEYDEAU (1862-1921) : "La puce à l'oreille"

* Triomphe de l'époque symboliste.

- TCHEKOV,

- GABRIELE D'ANNUNZIO.

- CLAUDEL.

- HAUPTMANN.

- IBSEN.

4. Le théâtre contemporain.

. Théâtre de boulevard :

- RAYNAL

- GERALDY (Florissant pendant la belle époque).

- GUITRY.

- ACHARD .Théâtre de divertissement dont le thème dominant est l'adultère.

- ROMAINS, bourgeois.

. L'esprit nouveau (après 1914).

- PIRANDELLO (1867-1936) - Parachève l'époque symboliste et naturaliste.

- GIRAUDOUX (1882-1944).

. Le théâtre d'après guerre.

- Des écrivains romanciers comme MONTHERLANT, tentés par le contact avec le public.

- CAMUS.

- SARTRE.

- BECKETT.

- GENET.

- BRECHT.

- IONESCO.

Exaltation de la solidarité humaine pour une révolte morale.

 

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10 juillet 2008 4 10 /07 /juillet /2008 23:21

Médias et communications :

 

 

 

DEFINITIONS

 

1. Petit Larousse : action de communiquer quelque chose (avis, message, renseignement). Transmission de l'information. Idée d'inter-activité, d'échange, de dialogue.

2. La communication est le processus par lequel les idées ou les données transitent d'un individu ou d'un groupe à un autre.

3. La communication désigne un déplacement de données (ou d'éléments) entre deux points caractéristiques de l'espace et suppose de fait la perméabilité des démarcations ainsi qu'une modification de l'état des choses aux extrémités du parcours, source et destination.

4. Communication de masse (ou mass media) : ensemble des techniques qui permettent la diffusion de messages écrits ou audiovisuels auprès d'une audience vaste et hétérogène - Ensemble des techniques contemporaines permettant à un acteur social de s'adresser à un public extrêmement nombreux et hétérogène ; les principaux mass media sont : la presse, les affiches, le cinéma, la radiodiffusion et la télévision.

 

HISTORIQUE

Presse écrite:

. 1438: invention de la presse à imprimer et d'une encre qui permettait l'impression des deux faces du papier par Johannes Gensfleich Gutenberg (1400- 1468, Allemagne).

. 1631: La Gazette de Théophraste Renaudot

. 1660: premier quotidien allemand

. 1777: premier quotidien français

. Révolution française: la liberté nouvelle de l'individu suppose le choix à l'information. Mobilisation des techniques de communication (brochures, livres, journaux, orateurs).

. Puis développement de la presse d'opinion: Le Bien public de Lamartine, Le représentant du peuple de Proudhon...

. Révolution de 1830: rôle important de journalistes.

. Entre 1800 et 1870, industrialisation de la presse: elle devient un moyen de communication sociale à grande portée.

. Essor de la presse bon marché, lois de 1881 (liberté de publication et de diffusion).

. Entre 1871 et 1914: âge d'or de la presse.

. Entre 1919 et 1939: ère des grands journaux, succès des quotidiens illustrés, diversification des contenus, apparition de périodiques.

. De la fin de la seconde guerre mondiale jusqu'à 1970: des journaux redeviennent des maîtres à penser; naissance des hebdomadaires.

. 1970-1980: difficultés de la presse quotidienne

 

la radio

 

. 1920: retransmission de concerts en Grande-Bretagne, service quotidien d'information aux Etats-Unis

. 1925: premier journal parlé en France.

. 1933: 1,4 millions de postes TSF en France.

. 1938: adaptation très convaincante à la radio de La Guerre des mondes d'Orson Welles qui sema la panique aux Etats-Unis.

 

la télévision

 

. premières expériences fin XIXe siècle; début XXe siècle: retransmission des images.

. 1938: premières émissions quotidiennes à partir de la Tour Eiffel.

. 1949: création de l'organisme de radiodiffusion-télévision française (RTF) sous la tutelle du ministère de l'information et qui reçut le monopole de la radiodiffusion et de la télévision française. La première chaîne de TV, puis la deuxième, créée en 1964, connurent un succès grandissant, grâce à une programmation faisant une large place à l'information, aux documentaires, aux magazines et aux dramatiques.

. en 1964, la RTF devient l'Office de radiodiffusion-télévision française (ORTF). La question des liens entre le nouvel organisme et le pouvoir suscita de vives tensions entraînant une grève des journalistes en mai 68.

. en août 1974, l'ORTF fut démantelé en 7 sociétés distinctes: TF1, Antenne 2 (devenue France 2 en 1992); France Régions 3, issue de la 3e chaîne à vocation régionale, créée en 1973 (France 3 en 1992); Radio France; la Société Française de Production (SFP), Télédiffusion de France (TDF) et l'Institut National d'Audiovisuel (INA).

les Nouvelles technologies de l'information et de la communication (NTIC): combinaison d'ordinateurs, de logiciels, de réseaux et de banques de données multimédias. Utilisation du code digital, série de 0 et de 1 en laquelle on peut traduire tout message - textuel, sonore ou iconique. On parle de numérisation.

 

Evolution d'Internet:

 

. 1969: Arpanet est créé par le département de la Défense aux EU pr faire des recherches sur la communication en réseaux.

. 1973: premiers liens européens: des bases de l'armée de l'air amér. sont reliées par Arpanet en Angleterre et en Norvège.

. 1981: lancement du minitel en France pour l'annuaire électronique.

. 1982: création du terme "Internet"

. 1990: fin d'Arpanet.

. 1993: la Maison-Blanche est sur Internet: president@whitehouse.gov

. 1994: explosion du World Wide Web; dvpt des activités commerciales sur Internet.

. 1995: lancement de Microsoft Network (MSN)

. 1997: essor du commerce électronique et de la pub sur Internet.

. 1999 : tél portables avec messagerie internet; la net economy: fusions et acquisitions en série; la capitalisation boursière des Internet Cies dépasse celle des grandes entreprises indus traditionnelles; les start up.

On compte 25 millions d'ordinateurs connectés au réseau.

 

NOUVEAUX MOYENS DE COMMUNICATION

 

- vidéocassette, vidéodisque

- télétexte (Antiope) : service de communication de textes ou de graphiques sur un récepteur de télévision et vidéotexte.

- l'utilisateur peut consulter des banques de données et faire des transactions (messageries, achats). C'est le développement de la télématique, un terme inventé en 1978 par Simon Nora et Alain Minc dans un rapport sur "l'informatisation de la société".

- mise en place de nouveaux réseaux de communication : 1982.

- le gouvernement opte pour un "plan câble".

- 1990 : satellites de télédiffusion directe.

- multiplication des outils de communication : nouveaux types d'échanges (messagerie par Minitel)

- Autoroutes de l'information, Intranet (entreprises, administrations, etc.), Internet (e-mail, discussions en direct, etc.), téléphones portables (avec de nouveaux réseaux par satellites : on peut désormais appeler et être appelé de n'importe où sur la surface du globe. Réception de fax, de messages électroniques).

* Communication animale (Konrad LORENZ et N. TINBERGEN) : Une stimulation donnée déclenche chez les individus de la même espèce un comportement de forme invariable ou peu variable ("fixed action pattern")

 

AUTEURS, THEORICIENS :


- Harold LASSWELL (1948) : Le champ de la communication peut être défini par les cinq termes de la question : "Qui dit quoi, par quel canal, à qui et avec quels effets ?", c'est à dire : émetteur, contenu, medium, audience, effets.

- M. WOLFENSTEIN et N. LEITES (1950) : Le contenu latent de la communication fait appel à des données non quantitatives, par exemple d'ordre esthétique, psychanalytique ou anthropologique.

- W. BREED (1955) : Etudes sur les prises de décision dans les mass media.

- Marshall Mac Luhan (1964) : "Le message, c'est le medium".

- P. FLICHY (1980) : Etudes sur l'économie des mass media.

- E. MORIN et H. POWDERMAKER : Standardisation du contenu culturel de la communication de masse.

 

IDEES.

 

- Entre l'époque où les bêtes communiquaient avant l'apparition de l'Homme et notre époque actuelle, les animaux nous sont devenus étrangers par suite de l'exaltation métaphysique de notre différence linguistique : L'Homme estime que son langage est la forme la plus aboutie de communication ; or, la communication animale était déjà très développée.

- L'histoire de la communication humaine n'est pas seulement une rupture (entre une communication matérielle et une communication informatique, etc.), mais le développement accéléré d'un héritage.

- Deux faits semblent essentiels au XXème siècle : l'émergence croissante, comme activité dominante et dominatrice, y compris dans l'industrie, du travail par signes, ainsi que la mécanisation rapide de ce travail lui-même par des machines audio-visuelles, linguistiques, logiques et mathématiques, grâce à la maîtrise de l'électronique.

- Le terme de communication masque en réalité une propriété essentielle que dévoilent la télécommunication et la télé-action : elles permettent de se dispenser d'interlocuteurs et assurent l'unilatéralité, qui prévaut d'autant plus dans la diffusion de masse que ses effets sont cachés aux détecteurs usuels.

- La communication n'est déjà plus seulement une affaire entre l'Homme et l'Homme, mais entre des systèmes Homme-matériels. L'idée de communication comme conversation ou concertation est en danger de prendre beaucoup de retard, à la fois conjointement sur la diffusion et sur la robotique.

- La langue demeure, à tout prendre, le meilleur moyen de communication actuel.

- Mac Luhan : le "village planétaire"

- Communication politique : les dirigeants sont très attentifs à la façon dont ils sont perçus.

- Ronald Reagan "le grand communicateur", Mikhail Gorbatchev "l'homme des médias".

- Communication dans l'entreprise : Besoin de plus en plus impératif de communiquer, société de communication.

- Vers une "idéologie de la communication", substitut aux idéologies politiques ?

- Plus on communique, moins on est informé : sur-information, d'où absence de communication.

- Nouvelle culture technique liée aux pratiques de communication. Nouveaux clivages sociaux.

- Avenir de la communication : pénétration de l'informatique dans les sociétés industrielles occidentales, transformation du rnode de vie, nouvelles formes de gestion des connaissances.

- Ces nouveaux usages vont-ils encourager un repli sur soi et une consommation passive ?

- L'homme communicant sera-t-il victime des techniques ou une société meilleure va-t-elle naître ?

- Rôle essentiel des leaders d'opinion, à la fois relais et interprètes.

- Thèse du two-steps flow ou flux à deux paliers de communication.

- Opposition aristotélicienne classique entre catharsis et mimesis, c'est à dire entre deux types de "participation imaginaire" des récepteurs : projection et identification.

- Les régions en voie de développement sont en général caractérisées par une extrême dissociation entre les réseaux de communication de masse et les réseaux traditionnels de la communication. Les mass media y diffusent des messages élaborés en grande partie dans les sociétés industrielles avancées (SCHRAMM, 1964).

- "L'élite sans pouvoir" désigne l'ensemble des vedettes et des idoles des mass media qui fournissent des objets d'identification aux différents groupes sociaux. (F. ALBERONI, 1963).

- les indus de communication, longtemps caractérisées par l'importance du contenu, sont en train de devenir des industries du contenant. Ce qui compte désormais, au plan industriel, c'est davantage le contrôle des contenants que celui des messages. Explique que ces industries recherchent des alliances dans des secteurs voisins.

- la communication s'est hissée au rang de paradigme de notre temps, remplaçant le paradigme du progrès. C'est la communication qui a mission de pacifier, d'exclure la violence.

- rôle idéologique central : info, communication publicitaire et culture de masse se confondent, emploient la même rhétorique, s'expriment en privilégiant la simplicité, la rapidité et la drôlerie. "Les médias estiment qu'informer consiste à simplement nous faire assister à l'événement. Qu'il suffit d'y être pour savoir. Qu'il suffit de voir pour comprendre. Qu'il suffit de répéter pour démontrer. Qu'il suffit d'émouvoir pour convaincre." Ignacio RAMONET

- problème de la désinformation

- C'est par la pensée que l'Amérique domine, au moins autant que par l'économie. La domination économique ne pourrait s'accomplir sans la domination conceptuelle. Preuve que ces technologies de l'esprit sont des technologies politiques. Lucien Sfez (auteur de Critique de la communication, Seuil, Paris, 1992)

 

 

Points de vue :

 

 

Messages symboliques

Vecteur d'influence dont la détention et la manipulation peuvent orienter le cours des événements

culture de masse

pôle de diffusion

domination culturelle

pouvoir, contre-pouvoirs

moyen de domination : elle doit donc être contrôlée

 

Dominique Wolton « éloge du grand public ».1990

Ø      La TV sert de lien social, elle réunit un ensemble d’individus vers un même but.

Ø      La TV est un miroir de la sté où chacun peut y accéder.

 

Mac Luhan : Les NTIC favorisent l’engagement collectif et la participation sociale. Grâce à la TV, le monde devient un village global.

 

Phénomène de surcommunication

 

 

Problématiques :

 

 

Maîtrise des productions de programmes

tendance naturelle à la monopolisation de l'information : dictature des médias

concentration croissante de l'information par quelques grands groupes

la frontière entre journalisme et divertissement n'a jamais été aussi flou

Internet accroît la segmentation de la société, les communautarismes, voire les comportements déviants. Toutefois, Internet n'est pas responsable de l'individualisme : il ne fait que le refléter et s'en servir. En revanche, il favorise l'émergence de réseau de solidarité planétaire

Internet= nouvel opium du peuple

Internet peut avoir sur les esprits faibles un fort pouvoir d'endoctrinement

 

 

Dates :

 

 

1881 : loi sur la presse supprimant l'autorisation préalable, le cautionnement et la censure

 

1933 : instauration de la redevance sur les postes de radio

 

1935 : premières émissions de télévision régulières en France

 

1940 : création du premier ministère de l'information

 

1964 : création de l'ORTF, office de radio télévision française, établissement public à caractère industriel et commercial placé sous tutelle du ministre de l'information

, lancement de la deuxième chaîne de télévision

 

1967 : premières émissions de télévision couleur (SECAM)

 

1968 : diffusion des premières publicités télévisées

 

1974 : loi supprimant l'ORTF, remplacé entre autres par trois chaînes de télévision d'État indépendante les unes des autres et concurrentes

 

1984 : première chaîne cryptée, Canal+

 

1985 : 93 % des ménages équipés en télé

 

1987 : privatisation de TF1

 

1989 : création du CSA, instance de régulation de l'audiovisuel

 

1992 : canal satellite

 

2003 : 20 % des foyers sont connectés au Web

 

 

Chiffres :

 

 

presse quotidienne nationale :

50 quotidiens en 1914, 28 en 1939, en 2002, 12 titres

 

2002 : 35 % des foyers achètent un quotidien

 

Le téléphone portable : 43 millions de Français en possèdent un, soit 62% de la population. Si l’on excepte les personnes âgées et les enfants en bas âge, on arrive aux limites de la saturation

 

24 millions d’internautes 

 

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10 juillet 2008 4 10 /07 /juillet /2008 23:20

LES NTIC ET INTERNET

 

 

 

Définition

 

Le secteur des NTIC couvre l’ensemble des industries et services qui produisent, traitent ou transmettent des informations ou qui fournissent l’infrastructure nécessaire au fonctionnement d’internet selon l’OFCE (observatoire français des conjonctures économiques) : TV, ordinateur, logiciel,  téléphone,…

 

Les chiffres

 

-         La part du secteur des TIC représentent 5% du PIB français

-         3,5% des emplois dans ce secteur

 

Implications politiques

 

La liberté :

 

-         Sous la forme actuelle de réseaux anarchiques comme internet, la capacité d’expression est énorme

-         Risques de manipulation et de conditionnement idéologique si ces réseaux sont contrôlés par quelques grands groupes industriels

 

La sécurité :

 

-         Ces réseaux sont le terrain d’une criminalité transnationale (organisations criminelles et terroristes) qui laisse les polices et la justice impuissantes en y développant leur activité

-         La confidentialité des info et la sécurité des transactions financières ne sont pas garanties (hackers)

-         Moyens de surveillance policière plus étendus avec les recoupements de fichiers, télésurveillance

 

La démocratie :

 

-         Simplification des procédures de consultation populaire pour facilité la participation directe des citoyens à la vie politique

 

Implications culturelles

 

-         Rayonnement mondial pour chaque culture même minoritaire

-         Formation et éducation sont accessibles plus facilement par ses réseaux

-         Prédominance de la culture américaine avec l’usage exclusif sur ces réseaux de la langue anglaise

 

Implications militaires 

 

-         On est passé de la guerre de destruction matérielle à la guerre de l’information et du renseignement

 

Implications juridiques

 

-         La territorialité du droit est remise en cause par les moyens de télécommunications.

-         Le contrôle juridique des réseaux suppose probablement la mise en place d'organes internationaux.

 

Implications économiques

 

-         Le télépaiement et le télécommerce en plein essor vont contribuer à accroître la mondialisation, en intensifiant les échanges internationaux et en motivant de nouvelles délocalisations d'entreprises, notamment dans le secteur des services où de nombreuses opérations peuvent être menées en temps réel.

-         un creusement des inégalités entre le Nord et le Sud et l'exclusion des travailleurs ne maîtrisant pas ces techniques.

 

Implications psychologiques

 

-         la fuite dans le virtuel

-         la relation par "e-mail" ou par "forum de discussion" des liens de sociabilité inédits sont ainsi expérimentés.

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10 juillet 2008 4 10 /07 /juillet /2008 23:19

TELECOMMUNICATIONS

 

DEFINITION

 

- Mot inventé en 1904 par Edouard Estaunié, ingénieur, inspecteur des Télégraphes, romancier et académicien.

- "Ensemble des moyens de communication à distance."(Larousse)

- "On entend par télécommunications toute transmission, émission ou réception de signes, de signaux, d'écrits, d'images, de sons ou de renseignements de toute nature, par fil, radioélectricité, optique ou autres systèmes électromagnétiques." (texte de la Convention de l'Union Internationale des Télécommunications)

 

EVOLUTION HISTORIQUE

 

- Moyens primitifs permettant d'envoyer des informations au-delà de la portée de la voix mais pas au-delà de la portée de la vue (sauf pigeons voyageurs utilisés par les Arabes et les Chinois avant les Européens) : nuages de fumée des Amérindiens, télégraphe aérien du Français Chappe, sémaphores, signaux lumineux en code morse… La codification des messages se perfectionne.

- 1864, Etats Unis : Thomas Edison invente le télégraphe électrique qui permet de communiquer sur de très longues distances en code morse.

- 1876, Etats Unis : Alexander Graham Bell invente le téléphone qui permet de véhiculer la voix humaine. Ses principes avaient été découverts par le Français Bourseul en 1854 et par l'Allemand Reiss en 1861.

"l'admirable féerie à laquelle quelques instants suffisent pour qu'apparaisse près de nous, invisible mais présent, l'être à qui nous voulions parler et qui, restant à sa table, dans la ville qu'il habite[…], sous un ciel différent du nôtre, par un temps qui n'est pas forcément le même, au milieu de circonstances et de préoccupations que nous ignorons et que cet être va nous dire, se trouve tout à coup transporté à des centaines de lieues (lui et toute l'ambiance où il reste plongé) près de notre oreille, au moment où notre caprice l'a ordonné." Marcel Proust, A la Recherche du temps Perdu.

- 1896, Grande-Bretagne : l'Italien Gugliemo Marconi invente le premier appareil de télégraphie sans fil (à partir des travaux pionniers du Français Branly en 1890-1894 et du Russe Popov en 1896). Augmentation des distances de radiodiffusion, naissance de stations commerciales émettant bientôt de façon quotidienne, les hommes politiques utilisent la radio pour faire campagne (Hoover, Roosevelt) ou pour la propagande (Adolf Hitler, Charles De Gaulle ), Orson Welles déclenche la panique aux Etats Unis en annoncant sur les ondes de CBS une invasion de martiens.

- 1923, : l'Anglais John Baird créé le "televisor" et l'Américain Wladimir Zworykin l'"iconoscope". Ces appareils permettent de reproduire des images sur un écran par modulation électronique de la lumière.

- 1926, Grande-Bretagne : Baird fonde la première société de télévision. La définition des images s'améliore, la distance de transmission augmente, des émissions régulières et des réseaux publics se mettent en place…

- 1969, Etats Unis : l'ARPA (Advanced Research Project Agency), fondée par le Secrétariat d'Etat à la Défense, cherche à créer un réseau de télécommunications capable de résister à une attaque nucléaire. L'idée est de mettre en relation des ordinateurs sans passer par un ordinateur central (concept de réseau).

- 1970 : le réseau ARPANET voit le jour et se développe entre les universités américaines.

- 1974 : Vint Cerf et Robert Kahn inventent le protocole TCP(Transmission Control Protocol) permettant de relier tous les ordinateurs. Ils l'appelleront ensuite Internet Protocol.

- Fin des années 70, Europe : des système vidéotex (Prestel en Grande-Bretagne et Minitel en France) familiarisent les populations avec les téléservices.

- Années 80 : Internet commence à se répandre à travers la société et dans le monde entier.

- Années 90 : des sociétés de télévision utilisent les liaisons par satellite pour diffuser leurs programmes et des sociétés de téléphonie pour créer des téléphones mobiles (cette technologie, développée au début de la "guerre froide", n'avait jusqu'alors connu que très peu d'applications commerciales).

 

NOTIONS TECHNIQUES

 

- terminal : appareil d'émission et de réception de l'information (téléphone, télévision, ordinateur, télécopieur, fax…).

- canal : voie d'acheminement de l'information (cable téléphonique, faisceau hertzien, liaison par satellites, etc.).

- numérisation : représentation de l'information sous forme de chiffres (0 et 1), ce qui permet de faire circuler un grand nombre de données de toute nature par le même canal. Si ces données sont analogiques, c'est à dire sous forme d'un signal continu et modulé (comme le son ou l'image), la machine les transforme en données numériques à l'émission puis les retransforme en données analogiques à la réception.

- compression : réduction du volume de données en supprimant les informations inutiles ou redondantes (par exemple, les blancs sur une page) afin de faciliter le traitement des données.

- commutation par paquets : technique de transmission qui consiste à diviser l'information en paquets qui transiteront selon diverses voies et seront réassemblés à la réception, le réseau des canaux est ainsi utilisé plus intensivement et l'information circule plus vite.

-cyberespace : mot inventé par le romancier américain William Gibson, monde virtuel constitué par les réseaux de télécommunication.

 

PROSPECTIVE

 

- Les moyens modernes de télécommunications sont en train de former des "autoroutes de l'information"(expression du vice-président américain Al Gore) : sons, textes et images animées circulent, en quantités toujours plus importantes et à une vitesse toujours plus grande, sur les mêmes canaux.

- On observe donc un vaste de mouvement de concentration qui favorise et met en concurrence deux types de terminaux (l'ordinateur et la télévision) et deux types de canaux (le réseau téléphonique et la transmission par satellite).

- L'informatique domestique est actuellement dominante, mais la télévision interactive est amenée à connaître un développement considérable.

- Un nouveau concept a fait son apparition : la Full Service Networks Television, la télévision des réseaux de services complets. Le potentiel de ce nouveau "multimédia" est immense : chaînes de télévision, stations de radio, banques de programmes, jeux vidéo, services d'information, téléphone (et bientôt visiophone), courrier électronique, accès au sites d'Internet, tous ces services pourraient être gérés par de puissants centres de production, de stockage et de distribution de données.

- Internet risque donc de disparaître dans le futur pour laisser place à un cyberespace encore plus complexe : sa structure ne sera plus celle du filet (réseau dépourvu de centre) mais celle de la toile d'araignée (réseau ordonné autour d'un centre) et son contenu sera encore plus totalisant qu'aujourd'hui. Filet ou toile d'araignée, il reste à savoir si nous serons capturés (et, en ce cas, par qui ?) ou si nous capturerons quelquechose.

 

IMPLICATIONS

 

Implications politiques (stricto sensu) :

- la liberté : les nouveaux moyens de télécommunications offrent au simple citoyen une capacité d'expression dont il n'avait jamais joui auparavant, du moins sous leur forme actuelle de réseaux anarchiques, mais si les réseaux sont contrôlés par des groupes oligopolistiques détenant la plus grande part de l'information et de la création culturelle, les possibilités de manipulation et de conditionnement idéologique atteindront une ampleur quasi irrésistible.

- la sécurité : les réseaux informatiques mondiaux sont le terrain d'une criminalité transnationale qui laisse les polices et les justices impuissantes. En raison de l'habileté des "hackers" ou "pirates informatiques", la confidentialité des informations et la sécurité des transactions par télé-paiement ne sont pas encore garanties. Les organisations criminelles ou terroristes se sont emparés de ces instruments pour développer leurs activités.

- la démocratie : ces progrès techniques, tout en augmentant la liberté d'expression et la liberté d'information, pourraient simplifier les procédures de consultation populaire et ainsi faciliter la participation directe des citoyens à la détermination de la politique. Par ailleurs, ils donnent à l'Etat des moyens de surveillance policière plus étendus : l'espionnage de la vie privée trouve ici un champ d'action particulièrement prometteur, grâce aux recoupements de fichiers et à la concentration des données personnelles.

Implications culturelles

Les moyens modernes de télécommunication donnent à chaque culture un rayonnement mondial, amplifiant par-là les affirmations identitaires. Mais ces moyens techniques imposent l'usage de l'anglais et assurent la diffusion de la culture américaine, au détriment d'autres cultures et y compris dans ses manifestations les plus vulgaires. Entre l'hégémonie sous-culturelle et le métissage, l'avenir de la culture sera en grande partie influencé par ces technologies.

Implications militaires

Si la guerre électronique est déjà à l'ordre du jour, la prise en compte des techniques de communication et d'information par les stratèges se poursuit. On passe de la guerre du matériel où la destruction est le principal objectif, à la guerre de l'information où la désorganisation est l'objectif principal.

Recherche du renseignement et sabotage des liaisons de l'ennemi sont devenus des missions cruciales pour les armées et elles dépendent étroitement des innovations réalisées dans ce domaine technique.

Implications juridiques

La territorialité du droit est remise en cause par les moyens de télécommunications. Un nombre croissant d'activités sont pratiquées à l''échelle de la planète et par-dessus les frontières. Les législations nationales sont alors dépassées. Le contrôle juridique des réseaux suppose probablement la mise en place d'organes internationaux.

Implications économiques

Le télépaiement et le télécommerce en plein essor vont contribuer à accroître la mondialisation, d'une part en intensifiant les échanges internationaux, d'autre part en motivant de nouvelles délocalisations d'entreprises, notamment dans le secteur des services où de nombreuses opérations peuvent être menées en temps réel. Le divertissement est un élément prépondérant de cette téléconomie qui est surtout destinée aux sociétés de consommation occidentales et aux classes sociales dotées d'un pouvoir d'achat suffisant. Ce mode de fonctionnement économique post-industriel pourrait avoir comme effets un creusement des inégalités entre le Nord développé et le Sud sous-développé et l'exclusion des travailleurs ne maîtrisant pas ces techniques.

Implications psychologiques

On peut craindre une tentation de la fuite dans le virtuel, mais la nouveauté essentielle apportée par les télécommunications est la "multiplication des personnalités" rendue possible par la multiplicité des échanges anonymes avec d'autres individus. A la relation épistolaire caractéristique des XVIIIème et XIXème siècles, succédera la relation par "e-mail" ou par "forum de discussion" qui met en contact des personnes éloignées et des personnalités encore plus nombreuses ; des liens de sociabilité inédits sont ainsi expérimentés.

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10 juillet 2008 4 10 /07 /juillet /2008 23:17

LA TELEVISION 

 

 

DEFINITION : Technique nouvelle de communication et de propagation de la culture existante. C'est aussi un moyen d'expression permettant une ouverture au monde.

ORGANISATION

En France, on part d'un système d'Etat pour aboutir à un système mixte avec la loi de juillet 1982 affirmant la liberté de communication audiovisuelle.

1984 : Création de Canal +

1985 : La Cinq et M 6

1986 : TF1 - privatisation.

1992 : Disparition de la Cinq et remplacement par ARTE, chaîne franco-allemande à fonds publics.

1994 : La Cinquième, diffusion de programmes en journée avant ARTE, diffusée en soirée seulement.

1997 : Multiplication des moyens de réception des programmes satellites en France ( TPS, Canal Satellite, AB Sat).

Organisme régulateur : trois expériences successives :

1. la haute Autorité de 1982 à 1986

2. la CNCL de 1986 à 1988

3. actuellement, le CSA.

Histoire politique

01.- jusqu’en 1982 : Monopole (RTF, puis ORTF, puis éclatement en 7 organismes indépendants, mais toujours publics)

02.- 1982 : Fin du monopole (Canal+ en 1984, la 5 et la 6 en 1986)

03.- Privatisation de TF1 (loi du 30 septembre 1986).

04.- 1995 : Loi favorisant le regroupement des sociétés du secteur privé.

05.- Loi du 1er août 2000 : Société France Télévision détenant la totalité du capital des SNP (sociétés nationales de programme) France 2, France 3 et la Cinquième.

Histoire juridique

01.- Art. 11 de la Déclaration de 1789 : " La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’homme ; tout citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l’abus de cette liberté dans les cas déterminés par la loi ".

02.- Contrôle : Haute Autorité (1982), Commission nationale de la communication et des libertés (1986), Conseil supérieur de l’Audiovisuel (1989).

Histoire économique

01.- Jusqu’à la fin des années 70, financement quasi exclusif par la redevance.

02.- Depuis 1996, les entreprises financent près de la moitié des dépenses par l’achat d’espaces publicitaires.

03.- En 1996, CA total : 30 MdsF (public : 12 ; privé : 18)

Histoire sociale et évolution des sociétés.

01.- Saturation d’informations, par ailleurs sélectionnées en fonction de leur caractère spectaculaire.

02.- Plus de trois heures par jour, en moyenne (soit, le tiers du temps de loisirs)

03.- Phénomène " Loft story ", forme moderne du roman intimiste.

04.- Culture Zapping (détourne de l’écoute et de la concentration)

Actualité : l’état des lieux en chiffres

01.- En 1995, 93,6 % des ménages sont équipés d’un télviseuré couleur.

02.- 130 chaînes payantes.

Actualité : les paradoxes

01.- Facteur de vulgarisation, mais aussi d’illettrisme (dispense de la lecture et ne sollicite pas l’imagination)

02.- Comment concilier indépendance et contrôle ?

03.- Facilite la compréhension, mais détourne de l’effort intellectuel.

Actualité : les drames

01.- transpose à la culture le modèle économico-politique, démocratique et libéral (" dictature " de l’audimat).

02.- La maîtrise des chaînes confère-t-elle un pouvoir culturel et politique ?

03.- Emergence des grandes entreprises de communication (Havas et Hachette en France, Berlusconi en Italie, Bertelessmann en Allemagne, Murdoch et Maxwell en Grande-Bretagne, Turner aux USA).

Actualité : les solutions institutionnelles

01.- CSA : Composition qui ressemble à celle du Conseil constitutionnel, Président nommé par le Président de la République (garant de l’indépendance comme pour la justice ?) - Pouvoir de contrôle et de sanction sur les deux secteurs (public et privé), nomination des présidents de chaînes publiques.

02.- La défense du principe du pluralisme (qui s’impose d’ailleurs pour des raisons techniques - satellite).

Actualité : les solutions culturelles.

01.- les chaînes thématiques (presque nécessairement payantes)

02.- la technique des quotas (films et musique)

03.- la télévision éducative (retard considérable de la France, sur l’origine duquel il convient de s’interroger - Etat, Université -).

 

Salvador DALI : " La plus grande entreprise de crétinisation ".

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10 juillet 2008 4 10 /07 /juillet /2008 23:15

L'EMPLOI

 

 

DEFINITIONS

 

- Le mot emploi a trois sens différents :

1. Dans le sens courant et micro-économique, l'emploi désigne à la fois l'exercice d'une activité économique et le poste de travail.

2. Dans le sens courant et macro-économique, l'emploi est un élément de la conjoncture économique. De ce point de vue, le volume de l'emploi s'appréhende par les statistiques des effectifs occupés et la durée réelle du travail. Si toute la population en âge de travailler exerce un emploi avec une durée de travail conforme à leur désir, tout en respectant la durée maximum légale, le plein emploi existe.

3. Dans le sens comptable, l'emploi est une utilisation des ressources que sont les biens et services.

NOTIONS VOISINES OU CONTRAIRES.

- POPULATION ACTIVE : population de plus de 16 ans ayant un emploi ou à la recherche d'un emploi.

- CHOMAGE : (Définition du Bureau International du Travail) : inactivité forcée de la main d'oeuvre d'une population sans emploi, effectivement à la recherche d'un emploi et disponible.

- Il faut donc distinguer le chômage involontaire du chômage volontaire.

 

ORGANISMES :

- ASSEDIC - UNEDIC

- ANPE

- Ministère de l'emploi

- Organisation internationale du travail (OIT)

 

QUELQUES CHIFFRES.

- La population active, en France, est de 25,6 millions. La part de la population active par rapport à la population totale est de 43 %.

- 86 % des actifs sont salariés.

- 31 % de la population active est constituée de fonctionnaires.

- Femmes : 10,7 millions de femmes travaillent (47,6 % de la population active) contre 13,7 millions d'hommes.

- chômage : contenu à grand peine depuis 1986, le chômage a repris à partir de mai, puis de juin 1991 pour aboutir en décembre 1991 à 2,8 millions de personnes en situation de chômage. 12,5 % en 1997 - Baisse en 1998.

- 1992 : 2.880.000 chômeurs,

- 1995 : 3.300.000.

- 1997 : 2.997.000.

Les inégalités devant le chômage :

- en fonction du sexe : les femmes sont plus "touchées" que les hommes (femmes : 14,4 % contre hommes : 10,7 %)

- en fonction de l'âge : les jeunes sont beaucoup plus "touchés" que les autres (1996). Taux de chômage des :

. 15-24 ans : 24,3 %

. 25-49 ans : 11, 4 %

. plus de 50 ans : 9,1 %

- en fonction du diplôme ou de la catégorie socio-professionnelle (1997) :

6,4 % des cadres et professions intermédiaires sont au chômage,

15 % des ouvriers

NB : les chiffres reflètent une "tertiarisation" du marché du travail.

 

EVOLUTION DU MARCHE DE L'EMPLOI

1.- Effondrement du secteur primaire (4,8 % des actifs), stagnation puis baisse de la part du secteur secondaire (25,4%), essor du secteur tertiaire (69,8 %).

2.- L'inadéquation entre les besoins du marché de l'emploi et la formation entraîne une pénurie de main d'oeuvre qualifiée dans certains secteurs.

3.- L'inadaptation des niveaux de diplômes avec les qualifications réclamées est endémique ; mais, par ailleurs, chaque année, 120.000 jeunes des 800.000 qui arrivent sur le marché du travail n'ont pas de qualification.

4.- Progrès technique et emploi : théorie de la compensation d'Alfred Sauvy : Si le progrès technique peut être à l'origine de mutations dans les emplois, il entraîne indirectement des créations d'emplois qui compensent les pertes initiales.

5.- Difficultés financières pour le régime d'assurance-chômage. Le déficit de l'UNEDIC passe de 6 à 8 milliards de francs pour l'exercice 1991 et est évalué à 18 milliards en valeur cumulée, pour 1992.

6.- Segmentation du marché du travail : il existe un marché primaire (main d'oeuvre qualifiée, stable, protégée) avec des perspectives de carrière, et un marché secondaire avec des caractéristiques opposées.

7.- L'emploi n'est plus nécessairement synonyme d'un niveau de vie "acceptable" : Emergence des "workings poors" (15 % des salariés en France () - L'emploi n'est plus automatiquement un moyen d'intégration - Fracture sociale.

8.- La principale caractéristique du travail, aujourd'hui, est la PRECARITE.

- Alternance emploi/ chômage, mais le chômage doit être envisagé comme un temps (fini) de l'existence de chaque individu et être géré comme tel. Dans ce contexte, le seul vrai problème est le chômage de longue durée (39,1 % des chômeurs le sont depuis plus d'un an, et 21,8 %, depuis plus de 2 ans) et ce d'autant plus qu'il touche des catégories plus défavorisées.

- Au sein même de l'emploi, développement de la précarité :

. Dans le temps : 1) à court terme, "flexibilité" et annualisation - pas d'horaires fixes. De plus, développement du travail à temps partiel (souvent subi). 2) à long terme, plusieurs emplois dans une vie - Il faut envisager une reconversion. Une formation professionnelle continue est donc indispensable.

. Dans l'espace : la mobilité est nécessaire pour obtenir / conserver un emploi.

9.- Répercussions sur la société :

- L'émergence des "working poors", mais surtout la réduction du temps de travail remettent en cause l'emploi comme principale - sinon unique - valeur structurante des sociétés modernes - Extension continue des loisirs et temps "libéré pour un investissement personnel - XXIème siècle = société de divertissement (le divertissement étant entendu comme moyen de cacher les vrais problèmes).

- Exacerbation des oppositions et clivages existants - Et ce, d'autant plus que certains proposent comme solution au chômage la mise en place d'une politique de "préférence nationale".

- Solution de M. FRIEDMAN (impôt négatif) visant à garantir à tous - qu'ils travaillent ou pas - un revenu minimum - Remet en cause l'un des fondements principaux de nos sociétés occidentales qui lie la rémunération au travail.

 

LES POLITIQUES DE L'EMPLOI.

- Politique de l'emploi : politique du plein emploi et du meilleur emploi. Elle doit prendre en compte les contraintes structurelles : c'est à cela que répondent les politiques d'éducation (formation professionnelle et formation permanente instituées en 1972) ; les politiques d'aménagement du territoire, les politiques industrielles, les politiques sociales d'aide aux victimes du chômage.

- La politique de l'emploi peut aller jusqu'à des politiques commerciales (mesures en faveur de l'exportation, mesures protectionnistes...).

* Dans le cadre de la lutte contre le chômage, on distingue le traitement social et le traitement économique :

1. le traitement social () : relèvement des allocations chômage ; contrats emploi-solidarité (CES) pour les jeunes ; stages d'initiation à la vie professionnelle (SIVP) ; stages d'insertion et de formation à l'emploi (SIFE) ; baisse de la durée de travail et baisse de l'âge de la retraite. Son but est d'éviter l'exclusion dans des sociétés où le travail reste le référent social principal.

2. traitements économiques :

- Politique libérale : toute la pensée libérale repose sur une hypothèse implicite de plein emploi. Le chômage est une conséquence naturelle et temporaire du jeu de marché. Ce déséquilibre se corrige de lui-même par les mécanismes automatiques du marché. Il faut donc mettre en place les conditions d'un marché concurrentiel et améliorer l'efficacité du travail.

- Politique keynésienne : politique active de l'Etat avec une relance de la consommation et le soutien des investissements.

* Certains préconisent une troisième voie : la réduction du temps de travail et donc le partage du travail (ce qui est différent de l'optique libérale selon laquelle la solution résiderait dans le partage des salaires). La relance économique n'est plus perçue comme un moyen de création d'emplois.

 

BIBLIOGRAPHIE

- D. GAMBIER et M. VERNIERES - Le marché du travail (Economica 1982).

- FRIEDMANN - Traité de sociologie du travail .

- Y. BAROU et RIGAUDIAT - Les 35 Heures et l'emploi - Coll. "Pluralisme" - La Documentation française - 1983.

- Chômage et politiques - Les cahiers français - N° 195.

- D.KIRCHNER & C.LAURENT - La durée du travail.

- La politique sociale : J. GUEGEN-BARTE et M. BARTE - HATIER.

- John Maynard KEYNES - Théorie générale de l'emploi, de l'intérêt et de la monnaie - PARIS PAYOT 1985 (réédition).

- Guy ROUSTANG - L'emploi : un choix de société - PARIS 1987

- Alfred SAUVY - La machine et le chômage : le progrès technique et l'emploi - PARIS DUNOD 1980

- Michel ALBERT - Le pari français - Editions du seuil 1985.

- R. CASTEL - Métamorphose de la question sociale : une chronique du salariat - FAYARD - Paris 1995.

- J. BIDET et J. TEXIER (sous la direction de) : La crise du travail - PUF - Paris 1995.

- M. MARVANI - Socilogie de l'emploi - La découverte - Repères - Paris 1993.

- J. RIFKIN - La fin du travail ? - La découverte - Repères - Paris 1993.

 

 

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10 juillet 2008 4 10 /07 /juillet /2008 23:14

FEMINISME

 

 

 DEFINITIONS

 

(Le Petit Robert des noms communs)

1. Doctrine, mouvement qui préconise l'extension des droits, du rôle de la femme dans les sociétés

2. MEDical. Aspect d'un individu mâle qui présente certains caractères secondaires du sexe féminin.

(Selon Le Petit Robert des noms propres) :

Le féminisme est divers dans ses théories :

- Simone de Beauvoir a soutenu, dans la perspective de l'existentialisme, qu'il n'existait pas une nature des femmes, mais que la féminité était un produit social : "On ne naît pas femme on le devient" (Le Deuxième Sexe).

- L'Américaine Betty Friedan dans "La Femme mystifiée" (1963) met en cause l'assignation à la femme de rôles subordonnés et de tâches domestiques.

- Face à cette idéologie universaliste (qui souligne l'égalité en dignité et en droits des femmes et des hommes), on trouve des courants différencialistes, qui se réclament parfois de la psychanalyse, pour lesquels il existe des qualités spécifiques aux femmes (Luce Irigaray, Speculum, 1974); dans ce cas le féminisme est moins une revendication d'égalité entre femme et homme qu'une affirmation des propriétés de la féminité.

 

HISTORIQUE

 

- Le féminisme a pris des formes organisées, au moins depuis la révolution de 1848. En Angleterre les "suffragettes", soutenues au départ par J. Stuart Mill, ont lutté pour l'extension du suffrage universel aux femmes (E. Pankhurst).

- Une vague plus récente du féminisme a donné naissance à des mouvements de masse, polymorphes, à partir des années 60 en Europe et en Amérique du Nord (Women's Lib aux Etats-Unis, Mouvement de Libération des Femmes). Ses revendications ont porté sur le droit à la contraception et à l'IVG, sur l'égalité avec les hommes dans les conditions de travail. Les féministes ont dénoncé l'indulgence de la Justice quant au viol ou harcèlement sexuel, et des courants politico-philosophiques radicaux se sont développés pour dénoncer le phallocentrisme dans le cadre d'une lutte des minorités (ethniques et sexuelles).

- Littérairement et philosophiquement, le féminisme français s'est développé notamment autour des Editions des femmes, dirigées par Antoinette Fouque. S'attaquant à l'humanisme occidental, qui exclut les femmes de la parole, Benoîte et Flora Groult (Féminin pluriel, 1965), Hélène Cixous (Dedans, 1969; Angst, 1977), Monique Witting (Les Guérillères, 1969) ou Julia Kristeva (Des chinoises, 1974) rejoignent, par certains côtés, la philosophie de la déconstruction de Jacques Derrida.

Chronologie de quelques avancées juridiques en France :

- 1792: une des premières théoriciennes fut Mary Wollstonecraft, A vindication of the rights of women.

- 1791: en France, Olympe de Gouges rédigea la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne pour revendiquer des droits semblables à ceux inscrits dans la déclarations des droits de l'homme et du citoyen. Avant cela, les femmes avaient eu une part active dans la Révolution française: à partir de 1788, elles adressent des pétitions au gouvernement; elles participèrent à la prise de la Bastille en 1789 ; en 1793, elles ont formé une société des femmes révolutionnaires et d'autres clubs de femmes, ont pris la parole dans des lieux publics ainsi que dans des cercles politiques. Pourtant, Olympe de Gouges fut guillotinée le 3 novembre 1793 pour ses écrits en faveur de Louis XVI et pour avoir voulu devenir un homme d'Etat et d'oublier les vertus propres à son sexe, donc ne pas quitter sa famille pour se mêler des affaires du gouvernement.

- Dans le Code Napoléon de 1804, les femmes furent classées dans la même catégorie que les criminels, les malades mentaux et les enfants. Elles étaient incapables légalement.

- 1876 : Hubertine Auclert fonde le premier groupe de suffragettes. Elle est la première à se qualifier de "féministe".

- 1884: la loi Naquet rétablit le divorce.

- 1907: France, la loi autorise les femmes mariées à disposer librement de leur salaire.

-1908 : premières manifestations en faveur du droit de vote des femmes.

- 1909 : le port du pantalon n'est plus un délit, si la femme tient par la main un guidon de bicyclette ou un cheval !

- 1913 : loi sur le repos des femmes pendant les 4 semaines qui suivaient un accouchement.

- 1914 : premières manifestations de rue des suffragettes.

- 1917-18 : grèves de femmes et procès d'institutrices "défaitistes".

- 1919 : la Chambre des députés accorde aux femmes tous les droits politiques; le Sénat s'y oppose.

- 1920 : la loi accroît la répression de l'avortement et interdit la propagande anticonceptionnelle.

- 1928 : instauration de l'assurance-maternité avec paiement de la moitié du salaire pendant les 12 semaines qui suivent l'accouchement.

- 1932 : début d'une campagne contre le travail féminin.

- 1936 : Léon Blum nomme trois femmes au gouvernement. Les députés adoptent pour la 3ème fois le droit de vote des femmes. Le Sénat, à l'instigation d'Edouard Herriot, enterre à nouveau le projet.

- 1938 : la réforme du Code civil de 1804.

- 1939 : le code civil accroît la répression de l'avortement et crée une prime à la première naissance. Madeleine Pelletier, la première féministe ayant plaidé pour le droit à l'avortement, est arrêtée, et meurt dans un asile, 6 mois plus tard.

- 1940 : les associations féministes décident leur dissolution.

- 1942 : l'avortement, considéré comme crime contre l'Etat, est puni de mort

NDLR : la même "peine" que celle qui est infligée au foetus.

- 1944 : l'ordonnance du 21 avril reconnaît le droit de vote et d'éligibilité des femmes. La loi Marthe Richard ordonne la fermeture des maisons closes.

- 1945 : les femmes votent pour la première fois.

- 1946 : la Constitution de la IVè République reconnaît le principe d'égalité entre hommes et femmes.

- 1947: l'avocate Germaine Poinsot-Chapuis est la première femme ministre.

- 1965 : les régimes matrimoniaux sont réformés. La femme est associée à la gestion de la communauté. Le mari ne peut plus s'opposer à l'activité professionnelle de son épouse.

- 1967 : une loi (loi Neuwirth) autorise la contraception.

- 1971 : manifeste des "343 salopes" déclarant avoir avorté, publié dans le Nouvel Observateur. Le nombre des étudiantes égale celui des étudiants.

- 1972 : mobilisation féministe lors du procès à Bobigny d'une mineure qui a avorté clandestinement.

- 1973 : les femmes peuvent faire carrière dans l'armée. Fondation du MLAC (Mouvement de Libération de l'Avortement et de la Contraception).

- 1974 : création du secrétariat d'Etat à la condition féminine, confié à Françoise Giroud. La loi Veil étend les conditions dérogatoires autorisant l'IVG.

- 1975 : "Année de la femme" pour l'ONU. Loi sur le divorce, qui peut être pronocé par consentement mutuel ou pour rupture de vie commune. Pour la première fois, des prostituées manifestent et occupent une église de Lyon. Fondation de SOS-Femmes Alternative, pour lutter contre les violences masculines dans la famille. Obligation de mixité dans les établissements scolaires publics.

- 1977 : création du collectif Femmes contre le viol.

- 1980 : la loi considère désormais le viol comme un crime. Marguerite Yourcenar, première femme à entrer à l'Académie française.

- 1982 : remboursement de l'IVG par la Sécurité sociale. Premier colloque d'études féministes à Toulouse.

-1983 : la loi Roudy institue l'égalité professionnelle hommes-femmes. En moyenne les salaires féminins restent inférieurs de 30% aux salaires masculins. Début d'une campagne féministe dénonçant les violences sexuelles par inceste.

- 1986 : une circulaire (comme telle dépourvue de valeur légale) préconise l'emploi du féminin pour les noms de métier.

- 1989 : une campagne TV annonce que 2 millions d'hommes exercent des violences dans le cadre familial.

- 1992 : le nouveau code pénal et le code du travail répriment le harcèlement sexuel.

- 1993 : le 10 novembre, Le Monde publie le Manifeste des 577 pour une démocratie paritaire. Début de la campagne pour une loi instaurant la parité hommes/femmes dans les assamblées élues. Avec 5,5% de femmes parlementaires, la France occupe l'avant-dernier rang européen. Création du délit d'entrave à l'IVG.

- 1999 : la loi sur la parité impose aux partis politiques la candidature de 50% de femmes aux élections.

 

QUELQUES FAITS ET CHIFFRES (www.un.org)

 

. Les Etats-Unis : droit d'éligibilité en 1788 ; droit de vote en 1920.

. La Nouvelle-Zélande : droit de vote en 1893

. Allemagne : droit de vote en 1918

. Irlande et le Royaume Uni : droit de vote en 1928

. la Turquie : droit de vote en 1930 ; droit d'éligibilité en 1934

. la France : droit de vote en 1944

. la Suisse : droit de vote en 1971

Monde du travail (article de Margaret Maruani, sociologue CNRS, Les temps modernes de l'emploi féminin) :

- Place des femmes dans le monde du travail - 11,5 millions de femmes travaillent aujourd'hui en France contre 6,5 millions en 1960.

- Dans les années 60, elles représentaient 30% de la population active européenne ; en 1994, ce pourcentage s'élevait à un peu plus de 42%.

- Aujourd'hui, les femmes ne se considèrent plus comme une "armée de réserve".

- De 1945 à 1995, le nombre des Etats souverains et dotés d'un Parlement a septuplé. La proportion globale de femmes parlementaires a quadruplé et la moyenne mondiale record a été atteinte en 1998, avec 14,8% de femmes députés.

- Restent les discours récurrents sur "le retour au foyer". Suggérer l'idée que les femmes puissent se retirer silencieusement du marché de l'emploi signifie bien que leur droit en la matière est toujours contingent. Et que leur chômage serait moins grave que celui des hommes.

- Demande d'emploi - Pourtant, les femmes représentent en France 45% des actifs et 51% des demandeurs d'emploi salarié (dits chômeurs). D'après l'enquête sur l'emploi de l'INSEE de 1996, le taux de chômage global (12,1%) était respectivement de 10,4% pour les hommes et 14,2% pour les femmes. Toujours selon cette étude, le taux de chômage des moins de 25 ans est de 22% pour les hommes et de 32% pour les femmes. La distribution par catégories socio-professionelles révèle aussi de très grandes disparités: 5% pour les cadres ; 16% pour les employés; 21% pour les ouvrières.

- Travail à temps partiel - En France, les femmes représentent près de 85% des personnes qui travaillent à temps partiel. Au sein de l'UE, ce taux varie de 76% à 90%. Le travail à temps partiel n'a été institué qu'au début des années 80 (rôle déterminant de Françoise Giroud). On le traite sur le registre de la "conciliation entre vie familiale et vie professionnelle" ; on n'en parle comme d'un mode de flexibilité rêvé. Au fil des années le travail à temps partiel serait devenu une forme de sous-emploi réservé aux femmes, lequel crée de toutes pièces un processus de paupérisation invisible. On traite en effet de la question du temps et on fait l'impasse sur celle des salaires. Par le biais du travail à temps partiel, ce sont des centaines de milliers de femmes qui travaillent pour un revenu mensuel en dessous du SMIC. Mais les données, en la matière, ne sont pas connues. Le silence des chiffres masque un phénomène social habituellement montré du doigt lorsque l'on parle des Etats-Unis : le développement d'une frange de working poors, c'est à dire de gens qui ne sont ni des chômeurs, ni des exclus, ni des assistés, mais qui travaillent sans parvenir à gagner leur vie. Or, il s'agit, dans leur grande majorité, de femmes.

 

BIBLIOGRAPHIE :

- Dossiers & Documents, Hommes/Femmes : la marche vers l'égalité, Le Monde, fév. 2000.

- Manière de voir 44, Femmes, le mauvais genre ?, Le Monde diplomatique, mars-avril 1999.

- Vallet Odon, Déesses ou servantes de Dieu? Femmes et religions, Découverte Gallimard, 1994.

- Margaret Maruani et Chantal Nicole, Au labeur des dames, Syros, Paris, 1989

 

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